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Full text of "Papiers marbrés français, reliures princières et créations contemporaines : [exposition, Paris, Bibliothèque nationale, 9 décembre 1987 au 9 janvier 1988] / Geneviève Guilleminot-Chrétien ; [préface d'André Miquel]"

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Papiers marbrés français, 
reliures princières et 
créations contemporaines : 

[exposition, Paris, 
Bibliothèque nationale, [...] 


Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 




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Papiers marbrés français, reliures princières et créations 
contemporaines : [exposition, Paris, Bibliothèque nationale, 9 
décembre 1987 au 9 janvier 1988]. 1987. 

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Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France 












































RENOV'LIVRES S.A.S. 
2006 











































































PAPIERS MARBRÉS FRANÇAIS 
RELIURES PRINCIÈRES 
ET 

CRÉATIONS CONTEMPORAINES 















Il il été tiré de cet ouvrage 

JOiX) exemplaires édition courante sur couché machine 
satiné 135 g, 250 exemplaires sur Phoenix Impérial mat 
crème 135 g. numérotés de I à 250. 

Contenant 39 échantillons de papiers marbres originales 
des marbreurs exposants. 

N'-’ 


ISBN 90-70174-35-9 

Ce catalogue, composé par Mur-Kostveiloren à Aals- 
ineer (Pays-Bas) en caractères Times, a été imprimé aux 
Belgique pour le compte de la Stiehling VWB PRESS 
(BaveU Pays-Bas) sur les presses de ritnprimcrie Van ïn 
N. V, il Lier (Belgique). 

Toutes les illustrations ont etc réalisées par le Service 
Photographique de la Bibliothèque nationale, a léxcep- 
tioii des nos. 15,26,37,38,39 qui sont ducs au Service Pho¬ 
tographique de la Bibliothèque rovale de La Haye (Pavs- 
Bas). 

Rédaction des notes biographiques de M. FritsSmuklers. 
Traitement du texte de Mme I. Oosterhuis. 










EXPOSITION A LA BIBLIOTHEOUE NATIONALE 
du 9 décembre 1987 au 9Janvicr 1988 



































Geneviève Guilleminot-Chrétien 


PAPIERS MARBRÉS FRANÇAIS 
RELIURES PRINCIÈRES 

ET 

CRÉATIONS CONTEMPORAINES 


(It WÙIHCt 




'1 




VBW PRESS 
1987 




































TABLE DES MATIÈRES 


Préface de André Miquel adrninrstniteur de la Bibliolhè* 
que nationale 

Préambule 

Texte 

Liste des ouvrages exposés 

Liste annexe 

Notes 

Notices biographiques des marhreurs exposants 


y 


11 

Ib 

33 

53 

55 

57 


7 










































Préfitce 


Livres ouverts sur leurs pages de giirde, feuilles marLrées 
déployées sur les murs, c'est une vision quck|ue peu inso¬ 
lite qui s'impose au visiteur de cette exposition. Oc vaut 
cet artisanat inspiré du marbre, des nuages ou de la 
fumée, que Ton ne sait nommer avec plus de précision, 
rctrniivcra-t-il rémcrvcillcment qu'éprouvrèrent les 
voyageurs européens quand ils découvrirent le papier 
marlrré en Turquie à la fin du XVIe siècle et le firent con¬ 
naître, à leur retour, aux ""curieux” des choses exotiques? 
Utilisées dans les reliures, les gardes de papier marbré 
LissureiTt une transition chatnarrcc entre les plats recou¬ 
verts de peaux teintes et dorées ci la rigueur typographi¬ 
que des feuillets hlancs- Introduites en France dutis ties 
reliures princicrcs destinées à l-Icnri ÏV, Louis XIII ou 
Gaston d'Orléans, elles gagnent vite les collections des 
grands amateurs et se glissent en quek|ues décennies dans 
toutes les reliures, si simples sr^icnt-cllcs. 

L'utiicité de chaque pièce. dCie à la techniciue elle-même, 
donne k la production des marbreurs une diversité tou¬ 
jours renouvelée. Peigne, tourniquet, queue-de-paon, 
fcuille-dc-chêne, vagues, ramages, ctiillou, toute une ter¬ 
minologie pittoresque essaie de reudre compte des des¬ 
sins qui changent au gré des modes et des goûts, I ,e papier 
marbré, mystérieux aux yeux des profanes, se fonde sur 
une subtile alliance entre les réactions de Teau et des pig¬ 
ments et le geste, maîtrisé et mille fois répété, do l'arti¬ 
san: les secrets, souvent transmis de maître à apprenti, en 
sont sans cesse perdus et retrouvés, A roeuvre des inar- 
breurs anciens, dont les noms restent inconnus, répond le 
nouvel imérêt porté à cet art, toujours vivant, par des 
créateurs contemporains qui s'attachent à en transformer 
les procédés et à inventer de nouvelles formes. 

La Koninklijke Bibliotheék,qtie la tradition manufactur¬ 
ière des Pays-Bas porte à s'intéresser aux arts et techni¬ 
ques du papier, a souhaité présenter en tieux volets, 
rétrospectif et contemporain , deux phases de l'évolution 
du papier marbré en France. Grâce à la richesse do scs 
collections anciennes, la Bibliothèque nationale a pu en 
retracer rhistoiique, à travers im choix de reliures allant 
du XVIÎc siècle à la lin du Premier Empire. Si toutes ces 


pièces s'imposent par la haute qualité de km reliure et la 
beauté du papier, elles sont aussi des repères, précisé¬ 
ment datés par les armes, les marques de provenance ou 
les trop rares étiquettes de relieurs ou documents d'archi¬ 
ves. L’étude de Mme Geneviève Guilleminüt-Oirétien, 
conservateur à la Réserve des Livres rares et précieux, 
permet de définir des tracés nouveaux et d'établir une 
chronologie fiable, dont le point d'origine est plus ancien 
qu'on ne le pensait. 

Mais les collections des grands établissements ne sont 
jamais closes. A roccasion de ectie exposition, les deux 
bibliothèques s'enrktiiront des créations des marbieurs 
contemporains, l-c papier marbre échappe à la reliure et 
redevient feuille à part entière, objet de eolleciion en lui- 
même, à rinsiar des premières feuilles recherchées par 
les amateurs au début du XVMc siècle. 

Réalisée grâce à une ciroîlc et amicale collaboration 
entre les conservateurs des deux institutions, l'exposi¬ 
tion, qui sera présentée successivement à la Koninklijke 
Bihiiotheek et â la Bibliothèque nationale, est un nou¬ 
veau et utile témoignage des échanges culturels qui, 
depuis de si longs siècles, unissent nos deux pays, 

mai iyS7 
André Miquel 

Administrateur général de la Blblioilicque nationale 


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Préambule 


L’exp^isitioii ayant d'abord été présentée à L<^ Haye du 22 
mat an 11 juillet 1987, la traduction néerlandaise du cata¬ 
logne parut avant le texte original français. Les deux ver¬ 
sions comprennent peu de variantes. Des notes de Tcdi- 
teur qui précisent à Tintention du publique néerlandais 
certains détails propres à Thistoire de France figurent 
dans la version néerlandaise. Quelques références biblio¬ 
graphiques sont ajoutées à la version française; la liste des 
marbreurs contemporains exposants, diffusée ii part à La 
Haye, est insérée à la suite des notices. 

Sans Taide constante de ntes collègues de la Bibliothèque 
nationale, celte recherche n'aurait jamais abouti, üu'il 
me soit permis de remercier ici tout particulièrement: 
Mmes Florence Caîlu, Annie Berihier, Marie-Pierre 
Lafitte, M. Francis Richard, du Département des Manus¬ 
crits, 

Mme Laure Maillet, Mlle Marianne Grivel, Mme Fran¬ 
çoise Jestaz, du Département des Estampes, 

Mlle Marie-Louise Bossuai, M, Jean Toulet du Départe¬ 
ment des Livres Imprimés. 

M, Claude Adam, Raymond Guichard et tous leur colla¬ 
borateurs de T Atelier central de restauration. 

Mlle, Martine Lefevre, de la Bibliothèque de T Arsenal, 
M, Gérald Duverdier, de la Bibliothèque du College de 
France, m’a aussi fourni de précieuses informations, 

M, Claude Lcbcdcl a fort aimablemeni prêté un ouvrage 
de sa collection. 


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Papiers marbrés français: reliures princières 











































































Papier marbrés français: reliures princières 




[-'an dit papier marbré, originaire initialement d’Ex¬ 
trême-Orient. connaît un rapide essor à Constantinople à 
la fin du XVlc siècic. Les feuilles réalisées selon ce pro¬ 


cédé senenî de suppoit à la calligraphie* de fond à des 
miniatures ou sont employées en reliure* sur les plats ou 
collées sur les contre-plats.' Les voyageurs européens 
sont vite sensibles à 1 ntt rail des couleurs et a la variété 


des motifs de ces papieis, dont le itoni persan* repris en 
turc* évoque les nuages. 

Allemands et Eiamands* de passage à Constantinople* en 
coiistitueiii des albums: ils y font signer leurs nniisci leurs 
hôtes* relèvent des hinsons tni notent des impressions de 
voyage: ces "album amicorum" circulent ensuite dans le 
monde geiTiîank|iie, souvent transmis par de riches famil¬ 
les de marchands.- 

En France, où la praiktue des "album amicorum” n'est 
guère en usage, le plus ancien emploi de papier marbre 
actuellement connu date d’avant LWi, 11 s’agit du recueil 
des OeioTcv jTJfJf'/fV/nc.v d’I [eiiri d'Aiigoulcmc: ce volume 
comprend lOh feuillets de papier marbre ture, dans une 
reliure orientale, avec des lenillcts de garde également 
marbrés: divers motifs y apparaissent, tous de teinte 
pastel. Henri d’Augouiême, fils naturel du rot Henri H, 
fil eaiTicrc dans Tordre de Malte: en 157S, il fut nommé 


général des galères et amiral des mers du l.evam et, en 
157y, goiivcrneiii de Provence; il tenait une cour brillante 
à Ai\* Cet album constitué en Turquie lui arriva sans 
doute par la Méditerranée; il lui fut peut-être offert dans 
le cadre des relations officielles avec un empire ottoman 
allié du roi de France depuis le traite signé par François 
1er avec Soliman te Magnifique, ou bien quelque capi¬ 
taine ou marchand le rapporia-t-il au prince?* Sa valeur le 
fit estimer digne de recevoir, ealligraphics à l’cncre d'or* 
trente-trois sonnets composés par le duc lui-même* L'ai- 
butn fut-il connu des sa composition? On peut en douter: 
le duc mourut à Ai\ en LS8fi et les années suivantes* où ta 


France fut ravagée par les guerres civiles et étrangères, ne 
pouvaient être propices à la découverte de ce genre d'ob¬ 
jet ou de icchnique. Ce recueil appartint au eollcction- 


K) 



ncur Châtre de C’angé et c’est seulement en 17.13 qu‘il 
passa dans les colicctions de la Bihliothcque royale. 
Dans les premières années du XVlIe siècle* ces papiers 
suscitent l'intérêt de certains amateurs, à Paris du moias. 
Pierre de l/Estoile en parle, à plusieurs reprises* dans le 
journal qu'il tient fusqiFà sa mort, en 1611, avec une 
inlassable patience et une ciinosilé toujours en éveil.'' 
Cultivé sans être érudit, apparenté aux familles de la robe 
parisienne, cet ancien audiencier à la Chancellerie de 
Paris dispose sinon d'importants revenus, du moins d'an]- 
pics loisirs qui lui permettent de se livrer à sa passion, la 
collecte d’informations et de "curiosités" de toute nature. 
Son cabinet est assez réputé pour attirer des visiteurs 
étrangers, seigneurs allemands ou ambassadeur d'Angle¬ 
terre* Il n'est pas non plus insensible a l’attrait des reliu¬ 
res et apprécie celles de la Bibliothèque royale qu'il visite 
le 17 i>ctobrc 1607 avec le jeune Pierre Dupuy, son iniîmt; 
dans les dernières années de sa vie. Entre Dupuy et luise 
mulüplicnt les prêts de livres et de documents et les 
menus cadeaux* parmi lesquels du papier marbré: 

"J'ay donné ce jour [ 15 décembre 1608) à Monsieur Du 
Pui un petit livre de papier de la Chine, couvert d’un fort 
beau papier marbre, que je gardois dès long temps dans 
mon cabinet. J'en ay cncores un pareil tout semblable.’'^ 
Autre présent, l'année suivante: 

“Le mercredi L'^ [mai 16(19]* j'ay donné à M, D.P. sis 
feuilles de mon papier marbré, beau par excellence, que 
je lui a vois promis* et dont je scay qu'il est curieus, aussi 
bien comme inoy* qui en ay lousjours de reserve en mon 
cabinet.''* 

Le terme "curieux" définit bien l’attitude de Pierre de 
L’Estidle Cl sans doute de Dupuy face à ces papiers, 
objets d'intérêt certes, mais sans valeur réelle,^ Dans un 
autre passage, L'Estoile en vient presque à se justifier 
d un tel goût* dans des circonstances qui en font ressortir 
encore le côté un peu fuiile: 

"Le mardi 14e [juillet 1609], MonsieurGuittart, valet de 
chambre du Roy, mon voisin et aniî, homme fort curieus 
et qui â un des piusheauscabinetsde Paris, pour saq uiter 
d une discrétion qu'il a voit perdue contre moy d’une 
gageure que nous avons faite *.. m’envoiia un livre de son 
cabinet, très exquisement relié à la turque d'un marro- 





quiii turq incarnat, oii il v a tlcd^ins de toutes sortes de 
papiers très heaus. Il est in-8’^ asscs grosset. Oti estime 


cela ce qu'on veult, et est prisé selon raffcctioii et cm io- 
site des personnes. De moy. Je le trouve très beau et le 
garde précieusement,"^ 

Ce manuscrit turc sera aussi donné k Pierre Diipuy (J6 
avril 1610). La description de L'Esioile ne permet certes 
pas de savoir s'il s'agit de papiers marbrés ou de papiers 
silluHietlés ou unis. Ce Guittart, que Pierre de [.'Estoilc 
tréqueiiie déjà en 1598, avait voyagé en Turt|uic et dans 


le bassin méditerranéen: en 15%, 1 Icnri [V l'avait envoyé 
rejoiiulrc François 8avary de lilèves, umbassadcui h 
Constantinople: il était chargé de coLuricr diplomatique, 
de subsides et d'bmdoges, présent traditionnel pour la 
cour tlu Grand Turc;^ son cabinet qui contient "une infi¬ 
nité de choses belles et rares, qu'il avoit apporte ci fait 
venir de la Turquie et auitres pays du Levant" est assez 
connu pour recevoir en 1601 la visite de la reine Marie de 
Médicîs elle-mcmc,'" Est-ce aussi de lui que Pierre de 


L'Estoile tient ses papiers marbrés? 

La relecture des deux premiers passages, si souvent cités, 
amène cependant à poser une question: Pierre tic L'Es- 
tüile n évot|Lie en aucune façon roriginc de ses papiers 
marbres, qu'il semble se procurer assez aisément: s’agit-il 
vraiment de papiers importés de Constantinople? Malgré 
leurhcauté. L'Estoile ne leur accorde que peu tic valeur 
et s'en sert pour couvrir des manuscrits ou des copies; il 
prêle à Dupiiy, le 28 juin 1607, "une Rcmonstrance ,,, 
elle contient 4 teuilicts d'escrilurc, couverte d’un papier 
marbré’': le 22 novembre 16(17, "un manuscrit, intitulé 
ExcelIcns traits tires de diverses mains, couvert d'un 
papier marbré, en petit folio": enfin, le 31 décembre 
16117, il reçoit de Jean Cusin "un îraicté assez curieux, 
mais au bout qui n'est qu'une grande fadeze ,,. couvert 
d'un papier marbre" et lui donne "deux quarts d'écu, non 
pour son escrilmais pour sa pauvreté,"" 

Dans les memes années, des papiers turcs sont utilisés 
datis un fascinant et superbe album d'aquarelles, destine 
au Dauphin, le futur Louis XIIL Femmes voilées, janis¬ 
saires cl eunuques déploient au fil des reuilleis leur cos¬ 
tume mystérieux: à l'éclat des aquarelles sur verge blanc 
répond la variété des marbres qui leur foui face. Petit 


peigne, peigne large, peigne à ramages, peigne s'élargis¬ 
sant en Heurs, chevrons tic diverses largeurs tous les 
motifs réalisés à Constantinople à la fin du XVIc siècle et 
surtout au début tle XVIle siècle sont là, toujours dans 
des teintes fort vives qui permettent de les utiliser pour 
mettre en valeur des illustrations ou d'autres papiers, 
mais iton plus pour supporter un texte calligraphié. L'al¬ 
bum, exécuté à Paris, est relié en maroquin rouge, à l'em¬ 
blème du dauphin couronné: on ne connaît pas les circon¬ 
stances à l'origine de sa réalisation. Les aquarelles 
avaient été cffeetuces par le géographe Nicolas de Nico¬ 
lay au cours d'un voyage en Turquie en 1551-1552: elles 
inspircrciU les gravures qui figurent dans son ouvrage, 
Niivifiiifio/iSr pérc^nfuiîiotis c/ vovwjEfe.v fuia.s etj lu Tut- 
paru à Lyon en 156K, Restèrent-elles dans les collec¬ 
tions du géographe, héritées en I58,i par son gendre 
Antoine de Laval? Fort réputé, ce cabinet, abrité au ch⬠
teau de Moulins, attira de nombreux visiteurs: le roi 
I lent i HJ en 1.582, Jacques Davydu Perron, le futur cardi¬ 
nal, qui contribua à l’abjuration de Henri IV. Ma,ximilîcn 
de Béthune, due de Sully, Pendant la Ligue, Antoine de 
Laval soutint activement la cause de Henri IV à qui il 
dédia en 161)5 son ouvrage, Desseins i(e professions 
nobles ef j>nhlii{i/esJ' 

S'il est donc aisé d'expliquer l'arrivée de ces aquarelles 
aux mains du Dauphin. qu'eHcs fusscm ou non avant 
dans les collections royales, on ignore tout de rimer mé- 
diairc qui les fil monter sur papier niarbié et relier. Pro¬ 
posons, à titre d'Iiypoihèse, le nom de François Savnry de 
Brèves, ambassadeur de France à Constantinople de 
1591 à 1605, revenu à Paris avant une nouvelle ambas¬ 
sade à Rome à partir de l6fl7J-'‘ De Brèves, qui parlait les 
langues iurc|ue et arabe, connaissait bien la civilisation 
ottomane et s'intéressait aux arts du livre. Proche de la 
famille royale, c'est aussi un intime de Jacques-Auguste 
de Thou, grand maître de la Bibliothèque du ioi et peut- 
être le plus grand amateur de livres de cette époque. H est 
teiitant d'évoijucr, à propos de eel album, la visite d'une 
ambassade turque à Fontainebleau, le 27 juin 1607: te 
Dauphin, âgé de six ans. assista à l'arrivée vie l'ambassa- 
deut et de sa suite et reçut en présent une petite cîicmisc 
à la turque: sa curiosité fut suffisiimment éveillée pour 


17 









18 
































l eiuraîiier le soir même dans une conversation sur les 
Turcs avec son médecin Jean Héroard.^^ 

L'olbuni ne resta pas dans les collections royales: il appar¬ 
tint ensuite à Nicolas Chevalier (mort en 163())* 

Ix’s premières gardes marhrées 

De la même époque dateraii le premier emploi - 
justju’alors non signalé - de papier marbré dans la reliure 
française, début dame pratique encore en vigueur 
aujourd'hui: les contre-plats, au lieu d’être couverts d’un 
papier blanc, sont revêtus d’un papier marbré. Dans lui 
Expose3 volume des i‘d>isntl(te faniUuires de Cicéron, tlcstiné à 
Henri IV d’apres la reliure à semé de H coin on nés et de 
fleurs de lis, apparaît une garde collée en papier turc, de 
type fumée, dans des teintes bleues, du bleu soutenu au 
hieii pâle, et roses. A cet exemple précurseur, il est possi¬ 
ble d’ajouter dix-huit autres cas - également inédits - de 
reliures avec des gardes de papier de type turc ou du 
moins de papiers qui ne peuvent être rapproches des pre¬ 
miers peignes français.’^ Ces reliures, trmtes des années 
1610-1630, recouvrent le plus souvent desexenipîaîrcsde 
dédicace ou de présent, au roi (sept attestés, quatre pro¬ 
bables) ou à de grands seigneurs, Ciaston d'Orléans, 
Henri de Hourbon-C’ontic: trois d'entre elles ont des 
décors dorés; deux seulement, sans possesseur comui, 
ont un décor simple à la l>u Seuil. 

Du caractère souvent exceptionnel de ces exemplaires 
FTçprsé 4 témoigne le cas eurieu x du Projet d'un collège de René de 
Sainl-CIcmcnt, plaquette sans doute imprimée en fort 
petit nombre sans lieu d’édilk>n ni date. La Bibliothèque 
nationale conserve rexcmplairc présente au roi,dans une 
reliure it seine de flcuis de lis, aux armes de Louis XJM; 
or il existe un autre exemplaire dans une reliure absolu¬ 
ment identique à une variante près; le semé tente vaine¬ 
ment de couvrir des armes effacées, celles de Henri 11 de 
Bourbon-Condé, que surmonte une aberrante couronne 
léi mée; le doreiir s'cst-il trompé d’armes en voulant réa* 
liscr l’exemplaire royal ou de couronne en frappant celui 
destiné à Henri de Bourhon-Condé? Quoi qu'il en soit, 
les deux exemplaires, le royal et 1 ’ ”]iybride', contiennent 
le même papier de garde, un monochrome bleu. 


L'examen de ces dix-neuf reliures, de leurs fers et de leurs 
ai moiries. ne permet pas de les attribuer à un relieur ou 
de les regrouper en un ou plusieurs ateliers. Pourquoi des 
papiers ont-ils été employés dans ces reliures, alors que 
des dizaines ou des coniaincs d'autres, aussi offertes au 
roi, ont des gardes blanches’? Ces reliures s’étendent par 
ailleurs sur un temps trop long pour former un groupe 
vraiment cohérent, [| est également impossible d’y dis¬ 
cerner une origine commune par les auteurs ou les librai- 
les-cditcurs. Alicuh de cos ouvrages ne présente de lien 
avec rOrient, réel ou imaginaire. Est-ce cependant pure 
coïncidence si eertains concernent TOrdre du Saint- 
Esprit? 

Le plus remart]uablc en est le Matmel de prières de rOr¬ 
dre du Saim-Fsprit. réalisé en 1614 pour le roi, dont tout 
le texte, sur papier, et les plats de la reliure, en parche¬ 
min, sont découpés selon la rare technique du canivei. 
Un papier marbre est aussi utilise aux contre-plats de 
l’exemplaire des Armes ei hhtstms des chevidiers de l'Or¬ 
dre du Saint-Esprit, par Jacques Morin, enluminé cl relie 
pour le roi; mais ni le type de papier, fumée pour le pre¬ 
mier, peigne pour le second, ni le style de la reliure n au¬ 
torisent un lapprochement entre œs deux exemplaires, 
au Ire que celui d’être destinés à la personne royale. Leur 
reliure peut-elle cire attribuée à Clovis Eve? Relieur <kj 
roi de 15% à 1633, il relie les statuts de l’Ordre du Saint- 


Esprit, comme le révèlent des doeumcnis compiables.'^* 
Un autre ouvrage du groupe à papier turc, L'Office de fa 
Vierge Marie, imprimé par Jamet Mcltayci en 15S6, com¬ 
prend l’Office des chevaliers du Saint-Esprit, comme le 
souligne une note portée a une date ultérieure par Pierre 
de C’Iairambauli: or Pierre Mctiayer, le fils de lamci, est 
l’associé de Clovis Eve. Mais le hasard explique pcui-circ 
CCS rencontres, que justifie à elle seule l'importance 
accordée au cérémonial de l'Ordre du Saint-Esprit par 
lequel le roi cherche à s'attacher l'élite de la noblesse. 
Autre trait notable, la présence dans ce groupe de trois 
exemplaires du même ouvrage, Le ’Lhéàtre d'homteur de 
Claude de Vallès. [I s'agit en fait d’un ouvrage "factice’' 
constitué à partir de placards publiés chez Jean Le Clerc, 
vers 16(1(1, découpés et collés: chaque exemplaire, qui a 
une page de titre et une épîtro dédicaioirc particulière. 



est destiné à tm grand personnage, Louis XI[I (1621), 
ExpojHj 7 Giisioii d Oi léans( 161<S'I620), le îilsdii chaiicelicrd'Ali- 
gre (1621-1624). .Si les exemplaires du roi et de son h ère 
ont une reliure à décor à la Du Seuil, le troîsicme porte 
une reliure à décor à [’cvcniail où est utilisé le mêiiie 
papier (peigne très large) t|ue dans Les Armes ... du 
S(tiiïhExpfit. Y a-t-il eu une intervention de rauicurdans 
le choix d'un papier de garde? CUnidc de Vallès, origi¬ 
naire de Chartres, secrétaire de la Chambre du roi. chc- 
viilier de l'Ordre de Saint-Michel, a par ailleurs composé 
de nombreux armoriaux maïUiscriis, notamment de l'Or¬ 
dre du Sailli-Espi El. mais aucun ne contient de telles gar¬ 
des. Un autre exemplaire du Ihéâfre d'homieur destine 
en 1622 ù Roheri de Joyeuse a des gardes blanches. 

Une autre t|uestion reste en suspens, l'origine de ces 
papiers. La plupart, à première vue, ressemblent bien 
aux papiers exécutés à Conslariiînopic au tout début du 
XV^jJc siècle (monochrome hicu, rimiccs aux teintes 
pastel, peigne large), d'autres, présentent des couleurs 
plus rares, mais la comparaison est bien ditfieile: certains 
motifs turcs, tel les fleurs, n'apparaissent pas. Des 
papiers arrivaient-ils en brance, en quantité certes suffi- 
sanle pour quelques reliures d'impcïriance, mais trop 
restreinte ptïur que l'emploi en devienne courant? Ou 
bien pourrait-on voir en ces papiers, txu au nu>ins en cer¬ 
tains d'entre eux, les premières tentatives de papier unir- 
brç faites en branee? Les papiers marbrés turcs qui circu¬ 
laient alors ont pu servir de modèle on inspirer des essais 
a des artisans français K hJes personnages, ayant voyagé en 
Turquie, ont-ils transmis leurs observations, au moins de 
vive voix? On ne connaît pas a cette date de recettes uiilî- 
sabtes, imprimées ou même mannscriles,qui auruiem été 
diffusées en France,'^ Tout cela n'est qu'hypothèse, mais 
Expjst-s l’excmplaire des de Claude Fauehet, relie pour 

Henri II de liourbon-Condé, fournit un clément trou¬ 
blant: il présente la particularité, absolument unique, 
d'avoir aussi des gartïes volantes marbrées, en face de la 
page de titre* après les gardes blanches, et ù la lin du tex¬ 
te; or, le filigrane de ces gardes volantes marbrées est 
celui de Nicolas Le Bé* papetier àTroyesI Si le papier uti¬ 
lisé à Constantinople était couramment importé d'Italie, 
il ne semble pas en exister qui fut venu de France; un 


20 


transport direct de Troyes à Paris paraît plus plausible 
qu'un passage par C onstaniiiiople* 

Filigrane de Nicolas Le Bé 




Le.s premiers fwpiers peignes 

Les cas les plus tardifs de ces papiers turcs ou d'intlueiiicc 
turque coïncident avec les premiers exemptes repérables 
do papier marbré du type peigne. On en trouve, datables 
avec quelque certitude, dans des exemplaires de présent 
ou tic dédicace au roi d'oeuvres d'auteurs contempu- 
rains. parues vers 1625-1627. 

Peut-on voir dans VApologia de Harlay de Champvallün, 
1625. une transition? Ce peigne asscï: large, travaillé pour 
dessiner des ramages en palme, semble exécuté avec une 
certaine maladresse, dans des teintes à dominante verte, 
sans rapport avec ce qui sera vite l'habituel peigne pari- 
1 n sien. Dans le Bouciier de lu foy vatholiqne de J ean Jaubcri 
de Banault* le peigne à ramages, d'une exécution plus 
maîtrisée* présente aussi de grands aplats de couleurs 
éclatantes jaune et rouge > sou lignées parle vert, le noirci 






I I 

ELxptfeiî 12 


E\|Xi!sé 13 


14 


EüLpiiNC 15 


F.sipisc Ui 


le hlîinc. Le petit peigne droii est utilise iuissi dès cette 
date, mais il pïiri^îl plutôt moins répandu t|ue le peigne à 
ramages qui dessine une véritable palme, parfois s’enrou¬ 
lant SLirelle-même.qiie t’oii croirait pourtant plus délicat 
à réaliser H La largeur du peigne n’est pas non plus fixe, 
elle peut varier sur la même feuille, de 1 à 8 mm dans le 
tJII de Jauberi de Barrault^ variation duc ît un défaui 
dans routil utilisé, qui se rencontre it maintes reprises, La 
largeur couranie se stabilise vite autour tic 2 à 3 mm, et le 
peigne très large, de 6 à 1 i mm, que Ton voit dans une 
reliure de 1639 est exceptionnel. 

Les coiileiiis, où le rouge est généralement dominani, 
comprennent aussi le noir, le bleu, le vert qui devient vite 
moins présent que dans les tous premiers papiers, et le 
jaune, souvent ocre, parfois orangé; le blanc du papier se 
laisse voir aux endroits où le fiel a repoussé les pigments. 
Ces teintes, dont rintenstté varie selon rcuil du bain, 
scuit le plus souvent utilisées ensemble, mais le vert est 
parfois omis. Quelques autres conibimiisons, très rares, 
existent, tel ce peigne jaune et noir en 1640. 

Les gardes de papier marbre ne sont bien sûr pas limitées 
aux reliures royales. Elles apparaissent vers 1630, dans 
les collections du cardinal de Richelieu,'* mais aussi chei: 
des amateurs de moindre renom: Nicolas Chevalier, déjà 
cité à propos des aquarelles de Nicolay, possède les 
Opent de Platon, reliés à scs armes, avec un peigne à 
ramages en palme aux cinq couleurs traditionnelles'^^ or 
il meurt en J631). l,a présence d'un papier marbré devient 
un détail de plus en plus fréquent dans les reliures soig¬ 
nées: un peigne apparaît aussi dans r"aîbum amicorum" 
de Hans Heiniich Oberhaupi, couvci i d'une reliure ù 
décor, exécutée lors de son passage à Paris en 1630. 

C'est aussi dans les reliures destinées k Louis XIII ou au 
cardinal de Richelieu que Ton rencontre en 1632-16,33 les 
premières gardes volantes en papier marbré. 

Ces premiers papiers peignes suseiteiU la meme question 
que les papiers "uircs" déjà présentés. Il n'est pas davan¬ 
tage possible d'identifierles relieurs qui les auraient réali¬ 
sés ou fait réaliser, ni de distiEigucr un atelier unique où 
serait apparu ec motif. L’examen du montage des gardes 
contre-coilées. qu'il s'agisse des papiers tuicsou des peig¬ 
nes, n'apporte pas non plus d'information sur la techni¬ 


que d'im atelier particulier; deux soluiions sont 
employées en partillèle: le papier marbré peut être coupé 
à un format légèrement inferieur à celui du contre-plat et 
colle, souvent par dessus la ]^remiére garde blanche elle- 
même rabattue sur le contre-plat, ou bien la gartle mar¬ 
brée peut être prise dans la couture. Les papiers étaient- 
ils d'ailleurs fabriqués dans l’atelier même ou protluîts 
par un autre artisan, plus ou moins proche de l'atelier? 
Aucun témoignage contemporain ne permet de répon¬ 
dre. Rappelons seulenicm la tradition qui remonte à Jean 
tic la C’aille: celui-ci, dans son Hisiohif Je rhttpiifneiic 
(f689). attribue rinvention du papier marbré à Macé 
Riiette:^'^ rien ne vie tu confirmer ni détruire cette affir¬ 
mation. 


A un es motifs 


Si le peigne est d'emblée le motif le plus rcpatidu ci le 
reste jusqu'à la fin du XVU Je siècle, d’autres motifs appa¬ 
raissent dans la décennie 1640. 

Le caillou, obtenu par la projeclion des couleurs les unes 
sur les autres, csi déjà utilisé vers J643. Lfti caillou, avec 
leseouleui s les plus coin antes du peigne (sans le vert), se 
EtxptïsiS 17 trouve ainsi dans rexcmplairc tie VHistoire de la rie de 


Hetîty denüet duc de Mfmmiorency de Simon Du Cros 
(1643) dcdïéc à la duchesse de Montmorency, veuve du 
duc, décapité en 1632, On en connaît un autre, aux 
mêmes teintes, dans un ouvrage de 1644 ayant appartenu 
à Hcnn H de lîoiirboti-Condé. L'exemplaire de dédicace 
à Oaslon d'Orléans de Gnivelini^a de Jean Massoî {1647) 
préscnic un caillou toujours dans ces teintes, tandis que la 
Grande Mademoiselle, la fille du duc d'Orléans, reçoit 
un autre ouvratic du meme auteur où le caillou, aux colo- 
bxpiisô ]S ris étranges (noir, bleu, vert relevés par un jaune acide), 
est prolonge en un très ample mouvement de palme. Le 
caillou, simple ou avec mouvement, très mi lise dans les 
années 16.30-1660, sc maintiendra tard dans le XVIle 
siècle. 

C'esi aussi vers 164Î)-164.3 qu’appartul une forme plus 
rare du caillou, le tourniquet, parfois qualifié de coquille, 
au mouvement circulaire parfaitement régulier. Il est uti¬ 


lisé tlans la série très idcntilïablc des reliures à décor, aux 


21 






72 


































































chilïres couronnes de Louis XJJi et d’Anne d'Autriche, 
toujours exécutées sur des textes anciens. Ce moti( est de 
moins en moins fiécjticnt cîiins !a seconde moitié du 
XVI Je siècle, avant de revenir en force au XVdle sièclCn 
Exposé20 Du tourniquet peut se rapprocher un autre motif réalisé 
à partir du caiflou: le mouvement tournant s'arrête sur sa 
crête, sans dessiner un cercle aussi accentué que dans le 
tourniquet: le ramage ainsi obtenu s'apparente à une 
série de vagues, plus ou nKïins régulières selon l’exécu- 
tiom II se rencontre dans ta seconde mtîitic tlii XVIle 
siècle, sans que l'on puisse dater avec prceisitni ses pre¬ 
miers emplois, faute de l'avoir trouvé dans des excniplai- 
res de dédicace, mats il apparaît dans des reliures aux 
armes royales ou aux armes du Dauphin sur des ouvrages 
publiés en J66S, 

C’ertaiiis papiers de la seconde moitié du XVlIc siècle 
préseutciii des motifs malaisés à classer ou ù défiîiii, tel 
celui ulifisc dans uit volume de ta bibliothèque de Col- 
Espti'!«'2l ben, un Règk’tmiîf pfmr la t/uimlvc f/c.v assitrances 
(1672): faut-il y voir une variante du tom niquet avec un 
mouvement alterne et plus serré? Des motifs de ce genre 
montrent l'esprit d’invention tpii règne alors, sinon dans 
les coloris, du moins dans le travail exécuté sur le bain. 
Dans une ni lime étape, rintervcniion du marbre ur se 
limite à un simple mélange des couleurs en tous sens, sans 
recherche tic ryilime ou de dessin. Cela protiuit un papier 
aux couleurs très étirées, souvent avec de nombreuses 
veines, où apparaissent parfois de grands aplats anguleux 
où les teintes prennent tout leur relief. Ce papier, qui fait 
penser au maître-relieur moderne, pourraii-îl cire le 
"placard"que mentionne VRmydopctUel Mais nous n'en 
connaissons guère au XVIIle siècle. [;>'après les exem¬ 
ples rencontrés, souvent dans des reliures aux armes du 
Dauphin, il semble utilisé vers î(Sb8ct pendant les deux 
décennies suivantes. Il présente souvent des teintes peu 
communes, grandes taches de gris pâle ou de bleu som¬ 
bre, soulignées par des verts, des bleus, des roses et des 
jaunes fort vifs. 

Citons par contraste un motif au trace rigoureux, le chc- 
Exposé; vroti, large ou étroit: il apparaît à quek|ues reprises avant 
2,1,24 1 661), pour ne revenir qu’à ta fin du XVII le siècle. 


24 


Exposé 27 


Rx|Hisé ,1 1 


Si ce rapide aperçu sur les papiers réalisés au XV lie siècle 
met en valeur la variété des motifs et des couleurs qui 
existe alors, plus divers qu’on ne le croit couramment, il 
ne doit pas faire oublier que le peigne reste le motif le plus 
courant, au point de supplanter tous le,s autres à la fin du 
XVIle siècle. Fin ou moyen, à ramages, à frisons (dh 
aussi old dutch) , le peigne évolue peu; tout au plus peut- 
on noter l'apparition de lit queue-de-paon. Ces quelques 


dessins seront utilisés durant tout le siècle suivaiit, en 
concurrence avec le tourniquet et un nouveau motif, très 
apprécié, la feuilte-de-ehéne. Cette raréfaction des 
motifs s'accompagne d’une unirormisaiion des couleurs. 
Parfaitement stabilisées, les teintes n'offrent plus guère 
de variété: le rouge stmibre domine, à cote du bleu, du 
vert et du jaune tirant sur l'ocre: le noir a disparu. 


Papier marbré et iiécor ihi livre 


Le papier marbré apparaît tôt dans les reliures, de qualité 
certes, mais faites en série pour tes grandes bibliothè¬ 
ques: ainsi, les volumes reliés de manière uiufurme. en 
veau fauve avec les tranches également marbrées pour la 
bibliothèque de Gaston d'Orléans ou en maroquin rouge 
pour celle de Philippe de néthune,’^ toutes deux consti¬ 
tuées bien avant 166t), ont-ils toujours une garde en 
papier marbré. Il s’agit sans doute alors du modèle fixé 
par le hiblioiliécairc qui fait relier régulièrement les nou¬ 


veaux ouvrages entrés. Au contraire, les reliures des frè¬ 
res Diipuy, érudits et non grasids seigneurs, dont les livres 
entrèrent ù la Bibliothèque royale en 16,s7, ont à peu près 
toujours des gardes blanches. 

L'examen systématique de plusieurs centaines de volu¬ 
mes de pièces manuscrites montées pour Philippe de 
Béthune montre la diversité des motifs: le peigne reste, 
de loin, le plus courant, mais ses variantes sont multiples, 
du peigne droit au peigne à ramages, qui va de la simple 
ondulation à la véritable spirale; le caillou se prête aussi 
a de multiples recherches; le chevron s'y rencontre mais 
reste très rare. On peut classer les peignes d'après leurs 
couleurs: certains excluent le noir et privilégient le jaune, 
tandis que d'autres ne comprennent pas de hicii, mais du 
vert et beaucoup de noir. Des variantes dans rexccution 








25 




















Lie CCS reliures, dtuis le chiffre PP de Philippe de Béthune 
et dnns les fleurons employés, permettraient de regrou” 
per les reliures réalisées en même temps ou par le même 
îitclier; dans certains cas, les memes papiers semblent 
alors employés: un peigne ramages se retrouve le plus 
souvent dans les reliures où le chiffre est entoure d'une 
couronne de laurier accompagnée de deux fleurons: un 
autre groupe frappe par sa maladresse: le relieur n'a 
jamais disposé de feuille de papier marhré assez vaste 
pour couvrir tout le contre-plat et s'est livré à des rac¬ 
cords, pratique itiFiahituelle dans les reliures soignées. 

Si ces reliures n'ont encore du papier marbré qu'au con¬ 
tre-plat, il est malaisé de distinguer jusqu'à quuEid la 
garde volante marbrée a été ressciule comme un luxe 
supplémentaire. Il ne semble pas non plus exister de 
hiérarchie dans les nunifs choisis. En I6:>6, Charles tic 
Rostaing fait publier les lettres patentes transformant son 
comté de Bury en comté de Rostaing et multiplie les 
cxemplaii es à ses armes: trois d'entre eux (run avec une 
reliure en maroquin à décor, les deux autres reliés en par¬ 
chemin) ont une garde volante en papier peigne, un qua¬ 
trième, avec U Etc rcliu E C à décor, offert par Rostaing à son 



kîu,- Le Enédecin MaE'in Cureau de la ChuEiibre a l’habi¬ 
tude d’offrir scs oeuvres, luxueusement reliées, au Eoi et 
à divcES gEands pcrsotiEtages. Les reliures sont stjuveni 
réalisées dans râtelier Rocolet-Padeloup, mais d’autE cs 
portent les fers d'AnloiEte Ruette; le Enotif du papier est 
toujours le peigne, [,’exeEnplaii‘c de ses Noitvekcx ohser- 
viuions sitri'itis (Paris, 1650). offert au roi, compoE tc une 
garde volante, absente au coEiiraire dans les exoEnpIaiE’es 
destinés à Gaston d'OEléans et au pE'iEice de Condé,-'^ 
mais ce n'est peut-être qu'un simple hasard: en 1666. Pex- 
c Eli plaire l!c l'An tie contioisirc les ho/ttmes offcEt au roi a 
seulement une garde collée.^** A titre de comparaison, les 
livE'cs Ectiés en Eiiaroquin rouge pour la BibliL:>tlicque col- 
berline OUI une garde volante marbrée: or, ColbcE t, Enal- 
gré tout le soin passiouEié qu'il apporte à sa bibliothèque-» 
y proscE it le luxe ituilile:-^ la gai de volante marbrée est 
donc devenue, dans les années 166(1-I6K0, un élément 
constitutif normal de la reliure, même si l'on rencontre 
cîicoi'e des cas, de [dus en plus rares, de gardes simples ou 


26 


même d'absence de gaide marbrée, Deinicr bastion, la 
Bibliothèque royale, par économie ou par traditiosi. reste 
fidèle au.x gardes blanches et n'use qu'excepiioniicîle- 
ment du papier marbi e aux conirc-plats de ses maroquins 
|■ougcs. 

A mesure que les gardes maibréessc banalisent, d'autres 
raffinements appai aisscnt dans des exemplaires de luxe 
où le décor intérieur s'affiime de plus en plus. Le verso de 
la garde volante peut à son tour être marbi é, parfois dans 
un motif différent. En 1644. l'exemplaire de dédicace à 
Gaston d'Oi léans des Commentoiteji hisiorkiueji de Tris¬ 
tan (Je Saint-Amant-'’ a des gardes en papier peigne, dont 
le verso est revêtu d'un eaillou: une deuxième feuille a été 
collée sur la première. Dans d'autres cas, c'est la mêEiie 
leuSilc qui est marbrée des deux côtés. Sur des ouvrages 
de grand format, où une feuille est nécessaii c pour le con- 
\posi:-2(i tie-plai et une autre pour la garde volante, les deux 
motifs peuvent se trouver en vis-à-vis, le dessin du contre- 
plat étant alors repris au verso lIc la garde volaEiic. Des 
gaixies à double face se rencontrent Jusqu’à la fiai du 
XVllc siècle. On en voit souvent dans les E'cliures aux 
armes ou à TeEnblème du Dauphin. Ueic reliure à décor, 
25 aux aimes de Mai'ic-'Ibérèse d'Autriche, sur un ouvrage 
de 1663, comprend même, en plus de la garde volafUe à 
double face, une autie garde volante non doublée: 
l’étrangeté de cette disposition est encore accentuée par 
la teinte monochrome bleu, inhabituelle, du papier. 

A la meme époque, ces gardes à double face accompag¬ 
nent souvent les doublures de peau qui habillent les con¬ 
tre-plats de certaines reliures de luxe, La célèbre reliure 
mosak|uée à décor filigraiié de Floritnond Radier, sur le 
De îmiiatiotie C/irisn\ sorti de l'Imprimerie royale en 
1640, en fournil un bel exemple avec sa garde à double 
face en papier peigne en regard de la doubluie qui porte 
la signature du relieur.” Cette association, doublure et 
gai de volante double, se i encontre durant toute iasecon- 
Lte moitié du XVllc siècle, telle cette reliure de picsenimu 
Dauphin sur un ouvrage de TAbbé de Catclan de 1681: à 
isc 27 la doubliii'c de maroquin loiige, à décorde dauphins,de 
fieu ES de lis et de fers filigianés répond lieic garde volante, 
à motif queue-de-paon aux couleurs traditionnelles, niais 
contie-colicc d'un surprenant papier à marbrures sans 




motif, iuix teintes bleues et vertes accentuées par quel¬ 
ques taches muges. Autre contraste, au maroquin noir 
d’une reliure aux armes de Pierre-Daniel Huet, évêque 

tf Avranches, sur le Bréviaire de son diocèse (1698) s’on- 

Expostf:» pose le maroquin rouge de la doublure mis en valeur par 

un peigne <i frisons. 

Exposé29 Vers 1670 apparaissent les seuls papiers jéaliscs pour un 
usage déterminé à l'avance, les papiers de deuil. Tous les 
motifs, peigne, tourniquet, ramages divers, feuillcs'de- 
chêne, peuvent s'y trouver, mais ces papiers, dans des 
reliures noires, souvent aux armes, parfois avec des 
décors macabres, sont toujours à base de noir, auquel 
peut s'ajouter du violet. Cette pratique se maintiendra 
jusque vers 1773,^ 

Une tentative extrême pour harmoniser papier de garde 

H\fhK!i^ ,K) et décor du livre se rencontre en 1698, dans les Eloges tks 
pemwties iUusires de rAitâen Testameni que rautcur 
prcseine pour son instruction au duc de Bourgogne, le fils 
du Grand Dauphin: la page de titre et le début de l'épîtrc 
dédicatoire au roi sont rehaussés de bleu et d'or, tandis 
que le papier marbré, à base de bleu, est aussi souligné à 
Tencre dorée. 

La viikarhotion du papier muyhré 

En moins d’un siècle, l'usage des gardes de couleur a 
gagné la majeure partie des reliures, mais les marbrés ne 
sont plus les seuls papiers employés. Divci's papiers de 
fantaisie sont utilisés: les papiers dominotés aux couleurs 
franches et aux motifs simples, spécialités de certains cen¬ 
tres français - Paris, Rouen, Orlcans etc. - rivalisent avec 
les papiers dorés à motif ou gaufrés, qui deviennent 
ensuite polychromes, à fond doré, importés d'Allemag¬ 
ne. Les papiers éponge ou les papiers à la colle, nuis, de 
réalisation aisée, peut-être due aux relieurs eux-mêmes, 
se multipiient: le papier bleu se rencontre dans la plupart 
des reliures faites pour la bibliothèque de la reine Marie- 
Antoinette. Le tabis, une soie moirée aux couleurs dclî- 
cates, détrône le papier de garde dans les reliures de luxe. 
En même temps, marbrés et tiutrcs papiers sont utilisés 
pour couvrir des brochures de peu de valeur; le papier 
marbré est moins coûteux que le papier doré qui, lui. 


tloiinc un clinquant passager à ralmanacK ou au livret 
qu'il habille: d'après les comptes de LAcadémie royale de 
Peinture, certains des livrets explicatifs imprimes pour les 
Salons de 1759 à 1781, outre ceux reliés, sont brochés en 
papier doré et dorés sur tranche; iis sont alors offerts, tan¬ 
dis que îa plus grande partie du tirage, couvert de papier 
marbré, est vendu ou distribué cl de moindres personna¬ 
ges.-" 

Marbrés et dominotés servent aussi à protéger les volu¬ 
mes avant la reliure et bien des lecteurs, trop impatients 
peut-circ pour attendre le temps de riiitervention du 
relieur, paicourenî des ouvrages ainsi brochés; dans sa 
banalité même, le papier marbré connaît alors les hon¬ 
neurs de la peimuTc: des volumes broches, couverts d’un 
marbré à tourniquet figurent parmi les livres de Madame 
de Püinpadour sur son portrait peint par Boucher en 
1756;^“ Madame E^uron, la tante du peintre David qui fait 
son portiail en 1769,^^ tient aussi un livre broché, très 
écorné, avec un même motif. Mais Desforges-Matllard, 
un avocat breton un temps correspondant de Voltaire, 
s’offusque, ptmr sa part, d’en avoir reçu les oeuvres "en 
redingote de papier marbré.”''^ Ultime gloire ou dérision, 
le papier marbré apparaît même dans le combat des Phi¬ 
losophes. Montesquieu livre, dans les Lettres persanes. 
une recette de vomitif à base d'une infusion de papier 
marbré avant "servi a couvrir un recLicil de pièces des 
l ieux Floraux]"!'3 

Autre signe de la vulgarisation du papier marbre, la mul¬ 
tiplication des recettes de fabneation.^ Des descriptions 
de ce procédé étaient certes parues dés le milieu du 
X Vile siècle: Athanase Kircher y consacra un chapitre de 
son Ars magna hwis et umhni (1646) et des auteurs, de 
plus en plus nombreux, s'y intéressèrent dans les décen¬ 
nies suivantes; mais leurs textes, en latin, édités à l'étraii- 
ger, n'étaient sans doute guère accessibles à des relieurs 
ou à d'autres artisans français. On ignore également 
quelle put être la circulation des recettes manuscrites. Le 
terme “marbrer" est défini dans le lyietiomudrc frafK^ois 
de Pierre Richelet (Genève, 1680): "Faire le papier ou la 
tranche des livres en façon de marbre": mais c’est au 
début du XVIJ le siècle, avec l'intérêt nouveau porté aux 
tcdiniques les plus diverses, que le papier marbré trouve 


11 



27 



28 



28 











































31 





34 




2y 

























sîi place dans ciîctiüEinaÉres et rccticils en langue franç- 

L’article s t|ti] lui est consacré en 1716 dans les .Vccrm con- 
cenwfït les am et sera repris, sans variante a tien¬ 

ne. jnsqa’en 18111;'^ si l’ordre des opérations y est bien 
décrit, les details piaticiucs semblent trop vagues pour 
que la description puisse être d’une utilité réelle. 

Dans son Traitéhtstoriiftie et piwique ile lagnivure ea hols 
(1766)/’*'Jean-Michel Papillon s’intéresse à Phtstoire et 
aux techniques des différeins papiers; il rapporte notani- 
ment que le relieur Le Breton, k la tin du XVIIc et au 
début du XVIIle siècle, réalisait des papiers mêles de vei¬ 
nes d"or et d'argent: nous n’en avons guère rencontré, à 
moins que Ton ne rapproche de sa description le papier 
rehaussé d'or au pinceau signalé plus haut, 

C’esi avec les deux articles de TEncyclopérlie. "Papier 
marbré" et "Mprbreur de papier" ( 1765), que l’on a les 
descriptions les plus détaillécs:^^ si le premier, du Cheva¬ 
lier de Jaiicouri, est directement inspiré du texte de la 
Cydopaedia anglaise de Chambers, le secoïKl, beaucoup 
plus long et complété de deux planches, fournit de noin- 
hreuses in formations sur la fabricatiiui cl l ’usa ee du 

■Sr- 

papier marbré et même sur les conditions d’existence, 
précaires, des ouvriers; mais son interprétation, en ce qui 
concerne la terminologie et la description des motifs, est 
souvent délicate, meme si ces textes restent une source 
essentielle pour qui étudie t’hisioire de cette technique. 
Citons encore, sous une forme plus portable, le Dkdon- 
naire de Tindustne (1776), qui reprend l’idée du secret 
propre à cet art: "Ouoique le papier marbré soit fort eoin- 
mim, il y a peu de pei'sonncs qui sachent comment on le 


fait, car les ouvriers affecient d'en faire un secret"-^**. Ce 


f>icii(mfurne décrit clairement le pioccssus de fabrica¬ 
tion, mais ne s’attarde guère sur les motifs. 


Le goût fioiiveciu: 1780-fli!:} 


Vers 1780apparaît un nouveau motif, un caillou sm fond 
veiné où les taches de couleur, assez larges, se détachent 
sur des veines très étirées, et ce, dans des teintes qui tran- 
Exposé32 chent avec celles précédemment employées. Ce papier 
existé en effet dans deux jeux de couleur, l’un k donii- 


3tl 


nante marron, l’autre h base de vert et de rose. Cest le 

Exposé33 relieur Nicolas-Denis Derome. dit le jeune, qni semble 
avoir introduit ce papier. Il utilise le marron dans les 
reliures qui portent l’étiquette: "Relié par Derome le 
34 jeune, rue St Jàquc audcssiis de Si Benoist"; le vert et 
rose se rencontre le plus souvent dans les reliures a l'cti- 
quette datée: '’Relié par Derome îe Jeune demeure pre- 
seniement rue St Jacques près le College du Plessis Hôtel 
de la Couture n"^65 en 1785’’.^’' 

Ce papier "Derome'’ se répand vite, U est mente à peu 
près le seul papier inarbrc fabriqué encore pendant la 
Révolution, k une épcique où l'austérité des moeurs, le 
goût à l’antique et la crise économique font souvent aban¬ 
donner cette technique au profit des simples papiers à la 
colle. Il apparaît couramment dans les reliures en veau au 
chiffre de la Bibliothèque nationale, puis impériale,exé¬ 
cutées jusque vers 18!5i malgré quelques variantes dans 
rimporiance respective des couleurs et dans l’élireincnt 
des veines, il y garde toujours son caractère dominant, 
ralliance du vert et du rose. Il est aussi utilisé dans les 
reliures de qualité, en maroquin a grain long, rouge, bleu 
foncé ou noir, à bordure néo-classique,que Van Praet.le 
garde de la Bibliothèque nationale, commande pour les 
volumes les plus précieux de ses collections, incunables, 
impressions aldines. impressions sur vélin.C’est Pierre- 
Alexis Bradcl, dit l'aîné, neveu et successeur de Derome 
jeune, qui depuis l'an 3 (1794/179.5), exécute assez régu¬ 
lièrement ces reliures. 

Ex|h)s^ 33 Dans le lot qui lui est confié le 20 Frimaire an Xll (12 
décembre 1803). Bradel abandonne ce caillou vert et rose 
pour un nouveau motif qui va vite devenir si caractéristi¬ 
que de la reliure au début du XIXe siècle qu'on peut le 
désigner, en France au moins, sous le nom de marbre 
Empire, même s'il dépasse légèrement les limites chrono¬ 
logiques de cette période, La couleur de base, qui est tou¬ 
jours le bleu, s'étend très largement à la suite de l’adjonc¬ 
tion de fiel, créant ainsi un véritable lads bleu autour de 
taches blanches éparpillées, d'où le nom parfois employé 
de ]>crsillé. Ce réseau s'organise lui-nicmc en grandes 
taches cerclées par des veines parfois bkmdies, mais qui 
peuvent aussi être vertes, rouges oujaunes, dernières tra¬ 
ces peut-être de l'éclat du papier Derome. Ce motif est 




aussi ulilisé par les autres relieurs qui vont travailler pour 
la Bibliothèque impériale, puis royale, Hozérian jeune à 
partir de lan XIII (1804/1K05), Mottet en 1819, Thouve¬ 
nin à partir de 1819, mais il n'est bien sûr pas réservé aux 
reliures de cet établissement: on le trouve aussi dans des 
Esp<jiic: reliures faites pour des amateurs et signées par Lefebvre, 
5 AJ 7 .MSiînier ou Courleval, par exemple. 

Vers 1820, le papier marbré connaît une transtbrmation 
qui marque un tournant essentiel dans son histoire. Les 
progrès de la chimie permettent alors de diversifier les 
motifs en faisant éclater les couleurs au moyen de pro¬ 
duits volatiles et modifient la palette des teintes. Les mai- 
breurs reprennent des dessins anciens ou créent des 
motifs nouveaux, veinés, ombrés, oetls-de chat, mais 
l'usage que tes relieurs font de cette gamme de papiers, 
rétrospectifs ou contemporains, sombres ou éctalants, 
reste à cerner. 


31 












32 















Liste des ouvrages exposés 


*Lii iiumi^ruiaiUm est commune aus illustiaiîonseï aux tuivragcs expo* 
à rcxccpticin du 11'’ t non illustre. 

Le n'^-t his n’a P'^s été exposé à la Elave^ 

Les n”' 26,37,38 et expcïsês à la îfaye ne soîil pas présentés à Paris, 
Le sigle O.ILR,, utilisé dans la description des reliures, renvoie b E* 
Olivici. G. i lermal, R, de Roton, 

fmitçaixes, Paris, 1624* |93K. 2M vois, et tables. 












U# É .JÊm 































































1 - Henri d'ANüüULEME, Les Ocllvre^î poetîques*- 
(Aviinî 1586). 51) x 220 mm. Manuscrits Français 237S 
Atbum constitué de H)6 feuillets de papier marbré turc. 
Reliure ottoniaiie, maroquin bleu, médaillon centrni 
dore et muge. 

Trente-trois sonnets, composés par Henri d'Aiigoulcme, 
mort en 1586, y sont calligraphiés à l'encre d'or. 

Ctttaiogue r/ci /n m <h( cnhinei tle M .,. [ Châtre de Cangé] , 
Paris, J. Guérin, 1735, p. 48; Le Livre. Exposition, Paris, 
Bibliothèque nationale, 1972, n"368. 

2 ■ Nicolas de NICOLAY. Dessins du voyage de Nicolas 
de Nicolay, [48 aquarelles. 155L1552). 213 x 3tl7 mm. 

Estampes Od 2d 4" 
Recueil d'aquarelles sur papier vergé blanc, montées sur 
papiers marbres turcs à motifs divers; gardes de papier 
marbré turc. 

Reliure exécutée pour le Dauphin, futur Louis XIII; 
maroquin rouge au dauphin couronné dans un ovale cen¬ 
tral de feuillages; décor à la Du Seuil avec bouquets dans 
les angles externes, bordure filigranée: dos à sept nerfs, 
au dauphin couronné. 

Ces aquarelles, réalisées par le géographe Nicolas de 
Nicolay lors de son voyage en Turquie en 1,551-1552, 
furent montées, vers 1607 (?), à l'imention du Dauphin. 
L’aihuin appartint ensuite à Nicolas Chevalier (1562- 
1656), d'après ses armes gravées par J. de Courbes 
(O.H.R., 1771). au verso d'un icuilict de garde. 

3 - CICÉRON. Epistolae familiales, - Paris, Mamert 

Pâtisson, 1578. 12'. Rés. Z. 2124 

Reliure au chiffre de Henri IV; maroquin rouge, à décor 
üc semé de H couronnes et de fleurs de lis, encatlrement 
de trois filets et d'un pointillé; dos long, à décor identi¬ 
que. Gardes aux contre-plats: papier "turc", type fumée, 
bleu soutenu, bleu pâle, rose. 



35 



























4 - Rtné de SAINCT-CLEMENT. [Projet tPiin college,] 
1620?]. 4^ Rés, R, 1526 

Exemplaire de dédicacé à Louis XIIl. Ouvrage adressé 
au roL sans page de litre imprimée. IDaiauon proposée 
par R. Arbour. l/Ère hafwfite e/t France, Genève, 11. 
197y. if I34<X). 

Reliure aux armes de Louis XIil (proches de O.H.R.. 
2493,4); pareliemin souple, à décor de semé de fleurs de 
lis. encndremeni de trois filets; dos long, ci décor analo¬ 
gue; restes de rubans. 

Gardes aux contre-plats: papier ^*turc", type fumée, à 
dominante bleue, quelques traces de rose ei de jaune 
pastel. 

Un autre exemplaire (Collection C. Lebedel) présente un 
papier de garde et une reliure analogues, mais où le semé 
couvre loin le plat par-dessus les armes effacées de Henri 
IJ de Rourboii-Condc (O.H.R.. 2622) que surmonte une 
couronne fermée. Etait-îl initialement destiné au roi ou 
au prince? 

5 - Prières du roy au Sainct Esprit. ]Manuel de prières de 
rOrdre du Saint-Esprit.] - Catiîvei sur papier, ]Dijün, 
Nicolas Gougenot, 1614]. 92 x 130 mm. 

Manuscrits Français 2474 

Exécuté pour Louis XIIL 

Reliure: parchemin semi-rigide, avec plats découpés et 
peints représentant un roi revêtu des insignes de TOrdre, 
sur fond de soie rose. 

Gardes aux contre-plats: papiei "turc"', type fumée, bleu- 
vert pastel avec traînées plus soutenues, vcri-Jaune et tra¬ 
ces de rouge. 

.L Ruysbchaert, "Les quatre canivets du Manuel de priè¬ 
res de rOrdre tlu Saint-Esprit", Studi di hîNiografia e di 
storia in onore dî Tumtium} de Mnritm. Verona, IV. 
1964, p. 61-U1(}. 


36 
























6-J. MORIN tk la MASSERIE. Les Armes et blasons 
des chevaliers de l’Ordre du Saint-Esprit creez par Louis 
XIn. - Paris, Pierre Firens, 1623. Folio. 

Rcs. Smith-Lcsoul' Réserve 49 
Exemplaire de dédicace il Louis XIII: épître dédieatnirc 
au roi. Exemplaire enluminé. 

Reliure aux armes de Louis XIII (proches de O.H.R,, 
2493.4); maroi|uin brun, écoinçons de feuillage et tro¬ 
phées, bordure filigranée; dos long, h décor de semé de L 
couronnés; restes de rubans. 

Gardes aux coiitrc-plats: papier "turc”, peigne large et 
irrégulier, bleu, rose, jaune, vert. 

7 - Claude-Antoine de VALLES. Le Théâtre d'honneur 
de plusieurs princes anciens et modernes. - Paris. I6J8, 
Folio, Rés, G. 280 

Exemplaire présenté à Gaston d’Orléans; épître à Gas¬ 
ton de France, ’'frère unique de Louys XIU”, datée du 20 
avril 1620. 

Recueil constitué de textes et portraits découpés et col¬ 
lés, extraits de placards publiés chez Jean Le Clerc, ca 
16fKI. dits "Chronologie collée”; titre et encadrement 
gravé enluminé aux armes de Gaston d’Orléans collés sur 
le premier feuillet. 

Reliure aux armes de Gaston d’Orléans (armes exécutées 
aux iérs et aux filets, sans le lambcL qui a été omis; pas 
dans O,H.R,); maroquin rouge, à décor à la Du Seuil 
avec fleurs de lis aux angles externes, encadrement de 
trois filets; dos à nerfs, avec fieu rs de Iis dans les compar¬ 
timents. 

Gardes aux contre-plats: papier "turc”, coulées avec une 
légère ondulation, bleu soutenu, bleu pCde, vert, rose. 
Autres exemplaires présentés à Louis XI11 ci au fils du 
chancelier, voir liste annexe: exemplaire présenté a 
Robert de Joyeuse, avec des gardes blanches: G. 1497. 



37 


^ 4 ^ 




























8 - Claude FAUCHET, Les Oeuvjes de feu M. Claude 
Fauchet premier président en ia cour des monnoves. - 
Paris, Jean de Heuqueville, 1610, 4^ Rés. Z.’ 1674 
Epjtre de i'auteui datée de 1599: porirail gravé de i’au- 
tcurdatéde 1610. Édition partagée avec David Le Clerc. 
Reliure aux armes de Henri II de Rourbon-Condé 
(O.H.R,, 2622,4); maroquin rouge, à décor de semé de 
fleurs de lis, encadrement de trois filets: dos long, à décor 
klcmique. 

Reliure exécutée après le 16 octobre 1610, date de récep¬ 
tion du prince dans TOrUre du Saint-Esprit, et sans doute 
avant 1616, début de son emprisonnement qui dura jus¬ 
qu'en 1619. 

Gardes: papier ''turc", type fumée, bleu soutenu, bleu 
pale, rose, vert (très rare). 

Outre les gardes simples, collées aux contre-plats, le 
volume comprend deux gardes volantes, en face de la 
première et de !a dernière page: ces gardes volantes pro¬ 
viennent de la même feuille au filigrane du papetier 
iroyen Nicolas Le Bé (proche de C. Briquet, /.ev 
/les, Amsterdam, 1968* n'' 8d80), 

9- luançois HARLAY de CHAMPVALLON. Apologia 
evangelii pro calholicis ad Jacoburn Majoris Britanniae 
regem, - Paris, Antoine Esticnne, 1625. Folio, 

Rés, D. 988 

Reliure: maroquin rouge, à décor de semé de fleurs de lis, 
encadrement de trois filets: dos à nerfs, à décor analogue. 
Gardes aux eontrc-plats: peigne moyen à mouvemein de 
palmes, bleu soutenu, bleu pale, bleu-vert, vert, jaune, 
rose. 


38 




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+l*!+>î*x+>V+î+W*î*!+ii 

+ , + , + . + +,+ j +.+.♦,*,+ ,+,+0 , 






























lO-Jcim JAUBERTtle BARRAULT, Bouclier de Un foy 
catholique* contre le Bouclier de lu Religion preiendue* 
du ministre Dti Moulin. - TJ* Paris* Antoine Estienne* 
1626. Folio. Rés. D. 979(1) 

Reliure aux armes de Louis XIII (proches de O.H.R.* 
2493,4. avec variante dans le collier de l'Ordre du Saint- 
Esprit* Fi et non L); maroquin olive, à décor de semé de 
fleurs de lis et de L couronnés, bordure filigranée; clos il 
nerfs, ^ décor analogue. 

Gardes au.’i contre-plats: peigne moyen à mou veinent de 
palmes, noir* vert, rouge* jaune. 

Les tomes [I et HI du nicme ouvrage, parus en 1630 et 
16.^1, ont une reliure ci un papier de garde dînérents* 

Il - Philippe de G AM ACFIES. Sumnni théologien, - 
Paris. Regmuid Chaudière, 1627. Folio, Rés. D, 235 ( I ) 
Reliure aux armes de Louis XIfl {proches de O.Fi,R., 
249.3,4* avec variante dans le collier de l'Ordre du Saint- 
Esprit, H et non L); maroquin rouge, à décordc semé de 
fleurs de lis et de L couronnés, encadrement de trois 
filets; dos il nerfs, â décor identique. 

Gardes aux contrc-plats: peigne droit, rouge, noir* Jaune, 
vert, 

12-Charlcsdc NOAILLES. L'Empire du juste selon l’in- 
sthution de la vraye vertu, * Paris, Sebastien Crnmoisy, 
1632.4'^ ’ Rés. E*. 261 

Exemplaire de dédicace, réglé: épitre dédicatoire au roi. 
Reliure aux armes de Louis XIII (variante de O,H,R,* 
2493,4. sans hachures* avec L droit); maroquin rouge* à 
décorde semé de fleurs de lis et de L couronnés, encadre¬ 
ment de trois filets et un poîndllé; tlos à nerfs* à décor 
analogue* palettes filigranées en tctc et en queue* 

Gardes aux contre-plats: petit peigne à tourniquet* rou¬ 
ge, orange, vert, jaune* noir* bleu. 




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39 






































13 - Dîinicl de PRIEZAC Defence des droits et préroga¬ 
tives des roys (.le France contre Alexandre Patrice Arina- 
can, théologien, cscrittc en latin, sous le titre de Vindi- 
ciae gallicae. - Paris, Pierre Rocolet, 163^. 

Rés. 8" Lb.^‘3l70 

Reliure aux armes de Louis XIII (pasdaiisO.H.RH)i par¬ 
chemin souple, a encadrement de trois l'ilcts; dos eonipar- 
tiinentc à six fleurs de lis. 

Gardes aux contre-plats: peigne large, noir, bleu, rouge, 
jaune, 

14 - Pierre LE MOYNE. [.es Peintures morales, où les 
passions sont représentées par tableaux, par characîeres, 
et par quesrions nouvelles et curieuses. - Paris, Sebastien 
Cramoisy, 1640. 4«. Rés. R, 1134 

Reliure aux armes du Cardinal de Richelieu (O.tLR., 
406,2): maroquin rouge, à décor a la Du Seuil; dos a 
nerfs, armes de Richelieu (O.H.R., 406j4) au centre des 
compartiments. 

Gardes aux contre-plats: petit peigne, noir, jaune. 

16 - ALBUM AMTCORUM DE HANS HEINRICH 
OBERHAUPT. (261 ff. 1630 - 1649). Oblong 87x131 
mm. 

Koninklijke Bîhlioîheek, Handschrîften 71H22. 

Reliure: maroquin brun décoré de motif central, bordure 
filigranéc; dos long,décoré d\m motif centrale et bordure 
filigranée. Reliure exccutée pour Oberhaupt en 1630 
pendant son séjour a Paris.Gardes aux contre-plats, peig¬ 
ne, rouge, orange, bleu clair et noir. 


40 































16 ‘ François VEKON* Respomes aux livres des quairc 

minisîres de Chareiitoii - Paris. Loiiys Boulanger, 
1633.8", Rés. I>. 54358 

Reliure aux armes du Cardinal de Richelieu (O.H.R., 
406.1); maroquin rouge, à décor de semé de fleurs de lis, 
bordure fiiigranée; dos long, à décor identique, 

La roulette utilisée en bordure est attribuée à Le Gascon 
(Bihiknhèque Ritplwl Esméfian. H, RJ72, Annexe A.l). 
Gardes doubles: petit peigne à mouvement de palmes, 
rouge, bleu, noir, jaune. 

17 - Simon DU CROS. Histoire de la vie de Henry der¬ 
nier duc de Montmorency. - Paris, Antoine de Somma- 
ville et Augustin Courbe. 1643. Rés. 4'* Ln.^^ 14696 
Exemplaire de dédicace: épître dédicatairc à la duchesse 
de Montmorency, veuve du duc exécuté en 1632. 

Reliure aux armes de Henri H de Montmorency 
(O.H,R.. 806,1); maroquin olive. Il décor a la Du Seuil. 
H couronnés et alérions (O.H.R.. 8(16. 2 et 3): dos a 
nerfs, avec H couronnés. 

Gardes aux contre-plats: caillou, noir, bleu, rouge, jau¬ 
ne. 


18 - Jean MASSOL, Hercules gallicus. - Paris, Charles 
Chastellain, 1646. #. Rés. m. Yc. S06 

Reliure: parchemin rigide, à encadrement de deux filets; 
dos compartimenté t\ cinq fleurs de lis h couronne ouver¬ 
te. 

Ce fer accompagne parfois les armes d”Anne-Marie- 
Louise d’Orléans, duchesse de Montpcnsîcr, fille de Gas¬ 
ton d’Orléans (1627-1693; O.H.R,, 2561,6). 

Gardes aux contre-plats: caillou avec palmes, noir, bleu, 
vert, jaune. 



41 

















































19 - Lii Division du monde, contenant la déclaration des 
provinces et régions d’Asie, Europe et Apliricque. - 
Paris, Nicolas Cliresn'cn, J547. S*'. Rés. G. 2292 

Reliure au chiffre de Louis XIM et d’Anne d’Autriche; 
maroquin noir, à décora ia Du Seuil, avec ressauts en arc 
de cerc/e, motif central en losange et fers d’angle filigra¬ 
nes, L et deii\ A invereés couronnés: dos à nerfs, à décor 
filigrane. 

Gardes doubles: tourniquet, rouge, bleu, jaune, 

Cetre reliure appartient à une série exécutée vers I64fl, 
qui porte toujours les chiflYes de Louis XII[ et d’Anne 
d’Aumehe (O,H.R., 2493,9; Bibliothèque Rapba! 
Bsméfiûtu ÏI» 1972, n“ 53-54; £. Picot, Cumiogue ci es 
livres ... iîe ... A/, te Baron James de Rothschild, Paris, 
1887, 11, p, 295; E, Quentin Bauchari, Les Femmes 
bibUophiies, Paris, 1886, Lp. 194, pl. Xil). 

Autres reliures de la meme série avec un papier marbré 
tourniquet; 

Dialogues et devis des damoisclles pour les rendre ver¬ 
tueuses. - Paris, Robert Le Manguier, 1583. 16^'. 

Rés. Smith-Lesouf Réserve 477 
(Quentin Bauchart, n“55) 

Jean Talpin. Institution d’un prince chrestien. - Paris, 
Nicolas Chesncau, 1567. 8". 

Manuscrits, Rothschik! [, 173 
(Quentin Bauchari, n‘'53) 

Etienne Tabouroi des Accords. Les Bigarrures. - Paris, 
Jehan Rîcher, 1583, i 2«. 

Manuscrits, Rothschild 11, 1777 
(Quentin Bauchari, n'7n) 

Agnolo Firenzuola. Discours de la beauté des dames, - 
Paris, Abel Langelier, 1578, 12", 

Bibliothèque de l’Arsenal 
(Quentin Bauehai t, n"57) 

Marc Lescarboi, Histoire de la nouvelle France, - Paris, 
Adrien Périei , 1618, 8*^ 

Bibliothèque de l’Arsenal 
(Oueniîii Bauchari, n"89) 


42 













































20 - Friedrich 13RUMMER, Commentarius ad legem 
Cinciam illiistrissimo viroJoan. Baplisiae Colberto dcdi- 
cjlus, - Paris, Sébastien Cramoisy. 166M. 4^^ Rés. F, 881 
Reliure aus armes de Louis XJV (O.H.R,, 24^4,7)- 
tiiartHjuin olive, à large bordure de semé de fleurs de lis et 
de L couronnés: dos à nerfs, au chiffre et emblème royal. 
Gardes doubles: ramages réguliers en vagues, bleu, vert, 
mauve, jaune orange, noir. 

21 - Règlement général pour la C hambre des assurances 

du4décembre 1671. - Paris, Sébastien Mabre-Oamoisy, 
1672.4". Rcs. F. 916 

Reliure aus armes de Jean-Baptiste Colbert (O.H.R., 
I2%,4): maroejuin rouge, à encadrement de trois filets: 
dos à nerfs, à décor filigrané. 

Gnrdes doubles: ramages serres, noir, bleu, vert, rouge, 
jaune orangé. 

Mention manuscrite sur la page de titre: Bibliothecae 
Colbertinae. 

22 ■ Abraliam TESSEREAU. Histoire chronologique de 

la grande chaucellerie de France, - Paris. Pierre Le Petit, 
1676. Folio. Rés. Fol. 1 

Reliure au\ armes de Charles de Sainte-Maure, duc de 
Montausier, ei de Julie d'Aiigcnnes (0.(1,R., 451,1): 
maroquin rouge, à décor h la Du Seuil, avec le chiffre thi 
mêmes (0.1 l.l^., 45L2) aux angles externes: dos h nerfs, 
avec le meme chiffre: tranclics marbrées et dorées. 

Gardes doubles à grandes marbrures, noir, gris, bleu, 
vert, rouge, rose, orange, jaune. 

Le duc de Montaiisier mourut en 1690. 





43 






































23 - (RectieM de copies de rraîtéSn] 

M^inMscrit surp^ipier, - XVÏe s. 228 x 322 mm. 

Manuscrits Français 2938 
Reliure aux armes de Philippe de Béthune, mort eu 1649 
(O.H.R., 442J): maroquin rouge, ü décora la Du Seuil, 
avec le chilïrc du même (proche de O.H.R,, 442,2) aux 
angles externes: dos à nerfs, avec le chiffre du même dans 
les comparrmicius. 

Gardes aux contre-plats: chevron étroit, rouge, bleu, jau¬ 
ne. 


24-Jayme REBULLOSA. 1 lisioria ccicsiastica y csiado 
présente de la religion. - Barcelone, H, Margarit, 1610. 
8". Rés. H. 1787 

Reliure au chiffre couronné de Gaston d’Orléans, mort 
en 1660 (O. H. R., 256t),5), au dos; veau fauve, à encadre¬ 
ment de deux filets; tranches marbrées, bleues et rouges. 
Gardes aux contre-plats; chevron large, rouge, bleu, 
noir. Jaune. 

25 - Père Pierre LALEMANT. Eloge ou abrège de la vie 
de sainte Geneviève. - Paris, Sébastien Huré, 1663. 8^^ 

Rés. 8'VLn.2^33681 
Reliure aux aimes et chiffre couronné de Marie-Thérèse 
d'Autriche, reine de France (O.H► R., 2566,1 et 5); maro¬ 
quin olive, à décor à coinpartîmcnts cl fers filigranés 
espacés; dos à nerfs, au chiffre de la reine. 

Gardes quadruples: papier a marbrures, bleu avec quel- 
ques traces de rouge. 

Dix sied va de ilvre Jhmçaly. Exposition, Lucerne, 1949, 
n" 373; Les Hns befles reiiures de ia Rémi ion dc\s fiihlio- 
dièques luiiiomies. Exposition, Paris, Bibliothèque 
nationale, 1929, n" 27fh L.M. Michon, La Reliure franç¬ 
aise, Paris, 1951, p. 94 et pl. XXXVï; E. Ouentîn Bou¬ 
cha rt, Les Femmes hihiiophiles, Paris, 1886, I, p, 297, n” 
9. 


44 




















































26- Mémoires de ce qui s'est passé cii France, en raiinee 
Mil six cents ciiK|uante deux* (217 ff. deuxieme moitié 
I7ième siècle). 216x152 mm* 

Koninklijke Bibliotheek, haiidsclirift 7iH17. 

Reliure: maroquin rouge, à encadrement de deux filets 
droits* fleur de lis dans les coins, dos à cinq nerfs , compar- 
linients décorés, tête et qiieii décorés de dauphins et 
fleurs de lis. 

Contre-plat et gardes volantes ramages serrés, noir, vert, 
jüuiic-oraiigc, hlue clair et ronge, verso des gardes volan¬ 
tes un dessin différent noir, vert, bkie clairet jaune-oran- 

27 - Abbé de CATELAN, Témoignage que rendent les 

mathématiques à la gloire du roy* - Paris, François 
Muguet, 1681, S\ Rés. 3763 

Reliure aux armes du Grand Dauphin (proches de 
O.M.R ,2522*6): maroquin rouge, à décor à la Du Seuil; 
dos ü nerfs, fleurs de lis dans les compartiments: doublu¬ 
re. maroquin rouge, h bordure filigianéc, encadrement 
interne, losange central et fers d'écoinçons filigranes, 
fleurs de lis et dauphins. 

Garde volante, recto: peigne ondulé dit queue-dc-paon, 
rougejaune orangé, bleu, vert; verso: à grandes marbru¬ 
res, bleu, vert, mauve, rouge, orange. 

28 - Breviciriiini Abrincense, *,. Pétri Danielis Huetii 

Abrincensis cpiscopî authoriiaie. - Paris, Jean-Baptiste 
CoEgnard, 16^18. 12". Rés* lî. 4K56 

Reliure aux armes de Pierre-Dan ici Huet, évêque 
d'Avranclies (O.H.R., 1684); maroquin bleu, à encadre¬ 
ment de trois filets; doublure, maroquin rouge, à bordure 
filigranée. 

Garde volante, à double face: peigne à frisons (’’old 
dutch"). rouge, bleu, jaune orangé. 



45 














































29 - Esprit FLECHIER. Oriiisoii funebre de Madaine 
Jiilie-Lucine d’Angemies de Rambouillet duchesse de 
Montaiisier- Paris, Sebastien Mabre-CTainoisv, 1672, 
4**. Rcs. 4^'Ln> J 4577 

ReJiure de deuil aux armes du Grand Dauphin (0,H,R,, 
2522.6): maroquin noir, à décor à la Du Seuil avec 
emblcincs macabres aux angles externes, dos à nerfs, 
avec larmes. 

Gardes doubles à marbrures noires, 

Julie d'Aiigennes avait clé la gouvernante du Grand 
Dauphin, ne en !66i, qui tut confié ensuite (ison mari, le 
duc de Moniausier. 

3(1 - Jean DOIJJAT. Eloges des personnes illustres de 
rAncien Testament, pour donner quelque iciniure de 
["histoire sacrée, A l'usage de Monseigneur le duc de 
üourgogne. * Paris, Gabriel Martin, 1688. 8'*. 

Rcs, H. 1709 

Reliure aux ai mes du Grand Dauphin (O. H. R,, 2522,6): 
maroquin rouge, à encadrement de trois filets et dau¬ 
phins aux angles; dos à nerfs, cinq dauphins couronnes 
(proches de O,H,R„ 2522 J,5). 

Gardes doubles: peigne (?) a palmes ei ondulations, bleu 
soutenu et bleu pâle, rehaussé d'or liquide au pinceau. 
Ouvrage dédié au roi. Exemplaire de présent au Grand 
Dauphin, père du duc de Bourgogne, alors âgé de six ans, 
âqui l'ouvrage est destiné. La page de titre est rehaussée 
d'or et d'aquarelle bleue. Les illustrât ions sont coloriées. 

31 - l^eglemens generaux de la Compagnie de cliai ité de 
la paroisse de Si Eustache à Paris, poui le soulagement et 
assistance des pauvres honteux malades, et pour l'in¬ 
struction des pauvres enfans de Pun et de l’autre sexe. 
Confirmez et approuvez par son Eminence Monseigneur 
le cardinal de Noailles, archevêque de Paris. - Paris, 
Claude-LouisThibousi, 1723. S". Rés. R. 2626 

Reliure, maroquin rouge, aux armes du cardinal Louis- 
Antoine de Noailles (mort en 1729:0. H. R., 9,3), à enca- 
diemenl de trois filets: dos à nerfs, â décor filigi ané. 
Gardes doubles: feutlle-de-chéue, rouge, bleu, vert, jau¬ 
ne. 


46 





























































32 - TACITE. Tihere ou les six premiers livres des Anna¬ 
les, - Paris, de rimprimerie royale, 1768* \2*\ 3 vols* 

Rés, J. 2K21-2823 

Reliure aux armes de Maric-Antoinetie, reine de France 
(proehes de O.H.R., 2508.4): niaixK|iiin rouge, à enca- 
dremcni de trois filets: dos à nerfs, à décor à fleur a» 
naliirel. 

Gardes doubles: clievron large, rouge, jaune oiiuigé, 
bleu, vert. 

33- Officede la quinzaine de Pâque, en latin et en Iran- 

çüis, extrait du Hreviaire et du Missel de F^aris. imprimé 
par ordre de Monseigneui raichcvêque, - Paris, les 
Libraires associés, 1777. 12". Rés. B. 12265 

Reliure de Nicolas-Denîs Deronic le jeune, aux armes 
dune comtesse de Crozat: maroquin vert, à encadrement 
de trois filets: dos long, à décor compartimenté avec 
fleurs au naturel: étiquette: ’Rclié par Deronic le jeune, 
rue St jaque audessus de St Benoist.'" 

Gardes doubles: caillou marron, à veines rouges, bleues, 
ocre jaune, noires. 

Nicolas-Denis Deromc, reçu maître en 1761. mort en 
1788, utilisa cette étiquette avant 1785. 

34 - Spéculum Justiiiae. Spiegel dci Gerechlkheit. - 
(S.L), 1580. 4*K 5 vols. Rés. Vélins 95(1-^54 

Reliure de Nicolas-Denis Deromc le jeune, maroquin 
vert, à encadrement de trois filets: dos â nerfs, à fer à Toi- 
sciiu: étiquette: "Relié par Derome le Jeune, demeure 
presenicmeni rue St Jacques près le College du Plessis. 
Hôtel de la Couture n"65 en 1785'". 

Gardes doubles: caillou vert et rose, h veines rouges, jau¬ 
nes, noires. 

Volume acquis par ie comte de Mac Cartby à la vente du 
duc de La Valiière en 1783 et relié ensuite par Deromc le 
jeune. 

Acheté en 1815 a la vente Mac Cartby par la Bibliothèque 
royale, 

G. de Bure. CaUthgue des livres de ki bibiiofhècfue de feu 
M le duc de h Vullière. Paris. 1783. l, p. 256. n'» 769: 
Catalogue des livres rares et préeieiLX de la bibliotltèqtie de 
feu jVf. le comte de Mae Carihy Reafk, Paris, 1815, i, p. 
211, iP 1326; .1. Van Praet, Cauthgite des livres im prit nés 
sur vélin de ta bihliorhèifite du rot, Paris, 1822, L p. 343, 
rM66. 



47 






































35 - CICÉRON, Epistolae iid fa mi lui res. - MiUvnv Philip- 
pus de Lavagna, 147H, Folio. Rés, Z, 109 

RcJiurcde Pi erre-Alexis Brade! l'aîné, maroquin rouge à 
grain long, à bordure néo-classique; dos à nerfs, à décor 
alrernaiivemeni de semé d’étoiles et de réseau losangé. 
Gardes doubles; caillou "Empire’’ bleu. 

Figure sur la liste des voiiimes de la Bibliothèque lunio- 
nalc remis pour reliure le 20 Frîmaîre an XII (12 décem¬ 
bre 1803) au citoyen Bradel (BibL nai.. Archives 
CCCXXIV, F 62 v"). 

Brade! Paîné. neveu et successeur de Derome le jeune, 
travailla ü partir de 1794 pour la Bibliothèque uationale, 
puis impériale. Les reliures exécutées pour cette institu¬ 
tion ne portent pas son étiquette. 

36 - PïE II [Aeneas Sylvius Piccolomiiiij. Epistolae de 

convciiiu Mantuano cditac in ponlificatu. - Milan, Anto¬ 
nio Zarotto, 1473,4'*, Rés. 1 1. 940 

Reliure de Pierre-Alexis Bradel l'aîné, maroquin bleu à 
grain long, à bordure nco-classiquc; dos à nerfs, à décor 
d’însirumenis musicaux. 

Gardes doubles; caillou D’Empire" bleu, à veines roses. 
Figure sur la liste des volumes de la [bibliothèque natio¬ 
nale remis pour reliure en Messidor an XI1 (Juin-Juillet 
1804) (Bibl. nat„ Archives CCCXXIV, f, 64), Voir note 
du n«35. 

37 - IFA.RAUCH. Régcncration de la nature végétale, 

Paris, Imprimerie de P, Didot T Aine, 1818, 2 vols. 

Koninklijke Biblioihcck, Bockbanden 600LI2, 13, 
Reliure de Lefebvre (Paris, vers 1820) chagrin rouge, à 
encadrement, dos long. 

Gardes doubles: caillou "Empire” bleu foncé, à veines 
rouge, vert et blanc. 


48 






















































38’ Lii GRANCHE-CHANCELk Les philippines, odes, 
Paris. 17K5,12". 

Koninklijke Biblioihcck, Bockbiinden 1742E1Ü, 

Reliure de René Simier (Paris, vers I82(ï), veau brun, 
parliellement marbre, partie eenirule du plat marbré 
rehaussée d'or, cadre et bortiure dores, dos lonj; décore. 
Gardes doubles, caillou '"Empire" bleu fonce, veines rou¬ 
ges et bleus. 

39- D.M.M.Icoii|. Blasons, poésies anciennes, recueil¬ 
lies et mises en ordre par-, Paris, P.Guillemot, IS<)7,8". 
Koniakiijkc Bibliotheek, üoekbanden 863F27. 

Reliure par Courte val (Paris, vers 1807), maroquiii 
citron, encadrement de filet droit doré et bordure à froid, 
dos à quatre faux nerfs. 

Gardes double, callou ''Empire" bleu, veines rouge et 
vert. 



49 
















































































List annexe 

Reliures Françaises avec gardes de papier Turc d’origine ou d’apparence 














9Wh 










































Kc/iürc lia chiffre de Henri IV 

I CICÉRON. EpistoUie fumiliarcs. - Paris, M. 
Pâtisson, 1578* I2'^ Rés. Z* 2124 

Exposé 11 ^' 3. 


Reliure auA' armes de Louis XUI 

II T1TE*L[VE. Tüdas lus decudus. - Anvers, A. 

Byremun, 1552. Folio. Rés. J. 252 

Reliure uux armes de Louis XIEl (O.Fl.R.* 
2492,6: urines de Henri IV, avec L remplaçant le 
H): maroquin rouge* à décor à la Du .Seuil. 
Gardes aux contre-plats: type t’umée, bleu, vert, 
rose, jaune. 

III C. FAUCHET, Les Oeuvres. - Paris, D. Le 
Clerc, 161(1, 4'’. Rés. Smitli-Lesouéf Réserve 911 
Reliure aux armes de Louis XHl (O.H.R., 
2493,4): maroquin rouge. 

Gardes aux contre-plats: type fumée* bleu soute¬ 
nu, bleu pâle* Jaune-vert, rose. 

Voir Exposé n^' 8, 

IV Y. DUCHAT, BclJî saci i Francis aliisque Chris- 

tianis adversus Barharns gesti, pro Scpiilchro et 
Judaea recuperandis. - I^aris* .1. Pet il pas* 1620. 
8" Rés. 8''La,^ 14 

Reliure aux armes de Louis XIII (proches de 
O.H,R.. 2493,4): maroquin olive, à décor de 
semé de fleurs de lis. 

Gardes aux contre-plats: monochrome bleu avec 
traces de rose et de jaune. 

V R. de SAINCT-CLEMENT* [Projet d'un colle¬ 
ge], -18-1., 1620?]. Rés, R. 1526 

Exposé 4, 


VI C. de VALLES. Le l'heatre d'honneur, - Paris, 
1621. Folio. Rcs.G.281 

Reliure aux armes de Louis XIII (O.H.R., 
2493*4); maroquin rouge, à décor à la Du Séuii, 
Gardes aux contre-plats: type fumée, bleu soute¬ 
nu, bleu pâle, vert, rose. 

Voir Exposé n" 7. 

VU J. MORIN de la MASSERIE. Les Armes et bla¬ 
sons des chevaliers de l'Ordre du Saint Esprit. 
Paris, P. Firens, 162.3, Folio. 

Rés. Smith-Lesouef Rcscrvc 49 

Exposé 6. 

VIII Prières du roy au Sainel Esprit, Canivet sur 

papier. [1614]. Maniiserits Français 24749 

Exposé iV’ 5. 

Reîiuœs it semé de fleurs de lis 

IX K. de SAINCT-CLHMFNT. [Projet d’un colle¬ 
ge], - [S. I,, 162(1?|, 4». Collection C. Lebedeî 

Expose n”4 bis. 

X .1. SIRMOND. Ed. Karoli Caivi Capitula, - Paris, 

S. Cranioisy, 1623. S*'. Rés. F. 1738 

Epître dédicatoirc au roi. Exemplaire réglé. 
Reliure* maroquin rouge* â décor de semé de 
Heurs de Ms. 

Gardes aux contre-plats: fumée avec <lébul de 
peigne* bleu, vert, jaune, rose. 

Xi PLUTARQUE. Omnium operum toiniis sccun- 
diis continent Moralia, - Paris* A, Estîenne, 
1624, Folio. Rés. J. 107 

Epître d'Antoine Estienne au chancelier Nicolas 
Brulart de Sillcry. 

Reliure: maroquin rouge, à décor de semé de 
fleurs de lis. 

Gardes aux contre-plats: peigne large avec ondu¬ 
lations* bleu soutenu, vert, jaune-vert, rose. 
Armes (non royales) 


53 









Rdhiivsmix d*nuirc.'i armes non royale 

XIJ C FAÜCHET. Les Oeuvres. - Piiris, J, de F leu- 

qiicviifc, 1610.4“ Rés. Z. 1674 

Exposé 

XNF C de VAILLES. Le I hcalre d'hoiiiieur. - Paris, 
J6JS. Foik). RCS.G.28F) 

Exposé n“ 7. 


Relfures ù décor 

XfV (Mathias?) MARESCHA1.. Quatre qualitcz 
necessaires aux su!>jets peur rendre Testât heu¬ 
reux. - [S,L, ca. 1617]. I2“, Rcs. E*. 574 

Dédié au roi. Sans page de titre. Autre ouvrage 
du même: f)es (fimoe verfits pnneipa/es et accès- 
suiresù im Rrince. avec épîire datée de 1617. 
Reliure, maroquin olive, à décor niigrané. 
Crardesaux contre-plats: papier à rainages, hlcu 
soutenu, hleu pâle, bleu-vert, rose, jaune. 

XV C. de VALIDES. Le Tlicatre ddionneur. - Paris. 

[ 16241, Folio, Rés. Smith-Lesouër Reserve 2 
Date au titre 1621, complétée à Tcnere en 1624. 
EpUre au llls du chancelier d'AMgre. 1624. 
Reliure, maroquin rouge, à décor it réveiitail. 
Gardes aux contre-plats: peigne (môme papier 
que Les Ai aies .,. du Stihn lisprif. Exposé n“6). 
Voir Exposé n“ 7. 

XVI M. lîEldJN [ ANl de SALO. Théâtre du para¬ 
dis. - Lyon, l.. Muguet, 1629. 8". Rcs. D, 25626 
Reliure, maroquin rouge, à décor à réventail. 
Gardes aux contre-plats: type fumée, hlcu soute¬ 
nu, bleu pâle, rose. 


XVI1 L’Office de la Vierge Marie. - Paris. J, MeiTaycr, 
1586. 4'\ Rés>B, 271)4 

Fretin IC, maroquin rouge, à décor à la F7ü Seuil. 
Les armes de Pierre de Clairambault (O.H.R., 
1(159,1) y ont été portées ultérieurement. 
Gardes aux contre-plats: type fumée, bleu^ 
pale, rose (même papier que Fauchet, Exposé 
8) 

Note de Clairambault: ”J'ay ce livre pourconser- 
ver les lèrcs éditioiisdc Toffice des chevaliers du 
St-Esprit qui est p, 172**. 

XVIJI P. de RONSARD. Oeuvres, - Paris. B. Macc, 
1617.12“. Arsenal 8“ B.L. 8797 

T. 1-6, tel lés en,') vols., t. 9-10. en uii vol.: reliure, 
maroquin rouge, à décor à la Du Seuil 
Gardes aux contre-plats: peigne (?), bleu. vert, 
rose, jaune. 

XIX HORACE. [Opéra]. - Paris, R. Estieiine, 1613. 
I2“, Relie avec PERSE, |Opera]. - Paris, R. 
Est ie une, 1614 et J U VEN AL. Satirarum libri V. 
- Paris. R. Esiicmic, 1616, Rés. p. Yc. 1283 
Reliure aux armes de .lacques-Auguste de Thou: 
maroquin rouge, à décor de fanfare. 

Crardes aux contre-plats: type fumée, bleusotiie- 
nu, hîeii pâle, rose. 

Inscrit en 1617 à l’inventaire de la bibliothèque de 
de Thou, 

(Communiqué par M. Antoine Coron). 








Notes* 

I A, Rcrlhicr, ”Ur üspcct tk b reliure turque; le pupier msirbrd 
(d'aprts le fonds turc de hi Bibliothèque ntil tonale)”. /Cevwc 
dire ti hixwirv livre, l ySi2. p. 6(15-620. 

3 Vmf'Orîeni. Eîiptisilion. Paris. Bihhotlkque natiotu^k. BlSl. n" 
75. Nombn-uït exemples dans HaenimerU. ojtv. cité, p. 37-58: G, 
MaKnien, "Vieux papiers de ^ardc ei de couverlure de livres” Le 
he/tï papien XXII( 1959-196()). p. 209, 

3 Sur les rapports entre la France ei la Turquie, voir: C.D, Rouilîürd, 
The Ttirk in Fr^nch tiisiory, ihatight and làerature 0520-Ï660}. 
Paris, imi). 

4 P. de t'Estoile. jWfworrex-/f>E<mHia. Pu ris, 1875-18%, 12 vol. Sur P. 
derEsuiilc, voir: M, C'hopard, "En marge de la gnindc érudition, 
un amateur éclairé, Pierre de TEstoile”, Histoire ei littérature, les 
écrivains et ht politkjue, Paris. 1977. p. 205-235, 

5 L Bloile, IX, p. 179 (Département des Manuscrits. Français l()3fMK 
f, 284), 

6 l ’EstoilC, IX, p. 264 (Id,. Français 10301, f. 39 ri ). 

7 Société française des seiziémisles. La Curiosité ü la Renaissance, 
Paris, I9S6. 

S L Estoile. IX, p. 287-28S ( Id.. f. 62 ri'). 

9 Leares missives de Henri fV. éd. par Berger de Xivrey, IV. Parts. 
1«4H, p. 523-525. 

10 L'EsttHle, VU, p. 323, 

11 LEstoile, Vin,p.310-311: IX. p. 28et 37, 

12 R. Hervé. "L'oeuvre cartographique de Nicolas de Nicolay et d’An¬ 

toine de I-aval ( 15+4- I6l9)”, Comité des ttuvuux historkjttes etscien^ 
fifiques. Section de géographie, LXVlll (1955), Actes du 

8<)e Congrès fiation al des sociétés savantes (Lille, 1955), p. 223-242; 
C. Longeon, Les écriraitis fotézietts du X Vie siècle, [ Sa inl-E tienne]» 
imp,39(l-4()3. 

IJ Ce Livre et te Liban fustfu'à 1900. Exposition. Paris, Unesco, I9K2. 
p. 159-185, 

14 J, Hémard, Jûarnat sur Fe/tfonce et lo jeunesse de Imuis Xili^ I, 
Paris. 1868, p, 270-272. 

]5 Liste p. 

16 F. Mazerolle, "Documents sur les relieurs des ordres royàu.K de 
Saint-Michel et du Saint-Espril”. BuUetin du hihüopfùte, 1895, p. 
123. 


* Le papier marbré a suscité une importante littérature, que l'on a déli¬ 
bérément choisi de ne pas citer dans les notes qui siiivcni, où n'ont été 
retenus que les ouvrages ou les articles éclairant des points précis de 
notre recherche. Pour une orientation générale, h ta t'ois détaillée et 
rkhemenc iliusiréc, voir A, Kaemniorle. Buntpnpicr, Munich, 3961; 
M,-A. Doiïv.S. Le pitpier marbré* Paris, I9S5. 


t7 Sur les premières descriptions de papier marbré, voir; C.M, Adams, 
"'Sorne Notes on tlie Art of Marbling Paper în ihe Seventeenth Cen- 
tury". Btdk'fin of the New York Public Library, 5 ! ( 1947). p, 411-422 
et RJ, Wolfe, Three earty Frettch essayson paper nmrbUng Iù42- 
1765* Netvtown. Pa. 1987, qui public un manuscrit français de 1642 
où sont données de recettes détaillées [ouvrage paru depuis la rédac¬ 
tion de noire texte). 

18 F. Véron, Méthode nouvelle ... de vouvohtcre de tudliié la religitm 
prétendue réformée *,,, Paris. J. Coiiereau. 1623-163(1,8". (Rés, Ü. 
2211)3) 

19 Rés, R. 562. - Sur la bibliothèque de N, C'Iievalicr. voir: J. Guigard, 
Nouvel armorial du hihîiophile* fl, Paris, 189(1, p. J37-I3V. 

20 P, 213, - Sur Macé Rueite, voir: E. 'J hoinan, Les relieurs fronyais 
i}5{}O'îS0i}), Paris, 1893, p. 388-389; iîihliothèipie Raphaël Esmé~ 
rian, Ife partie. Paris, 1972. p. 9. 

21 Déparlcmeiu des Manuscrits, Français 2882sq. Voir: L. Detisie, Le 
Cabinet des Manuscrits de la Hibliotbèque impériale, I, Paris, 1 K(j 8. 
p. 266-269. 

22 Recmni trtémorud des lettres patentes du changement du ... comté de 
Ihtry... 17) l'otittéde Rostain^, Paris, Pierre V'ariquet, 1656,4". Rés. 
4" Ltn.^ 793 (parehemin). n (maroquin, caillou), (paiehemin). y 
(maroquin). 

23 Rés. R. 1406 (Ixiuis XIV). Rés. R. 1126 (Gaston d’Orléans). Rés. 
R. 1405 (Condé), 

24 Rés, R. 1132, 

25 Colbert /6/9-/9hS.î. Exposition, Paris, I lôtcl de la Monnaie, 1983, p. 
40 [-425. 

26 Paris. D, Moreau, 0^44. Folio. (Rés. J. 527-529). 

27 Rés, Ü. 714. 

28 M, Marion, Heiiures d'oraisoits funèltres iXVHe - XVHle siècles)* 
"Revue française d'hisioire du livre1982, p, 565-571, 

29 Diderot et Fart de itoueber â David, les Salons l759^i7Hl. Exposi¬ 
tion, Paris, Hôtel de la Monnaie. 1984-1985, n" 18-21: École natio¬ 
nale su|>érietirc des Beaux-Art,s, Mss 584, 586,601. 

30 Miinieh, Allé Pinakolhek. iUntcher. Exposition, Paris. Grand 
Palais, 1986-1987. n'‘64. 

31 Chicago, The Art [nstltutc. Reproduit dans A. Schnapper, David, 
témoin de sou temps, Fribourg-Paris* 19S(), pl . 7. 

32 Correspondance iitiéraire ittéditc de l^ouis Racine, tinec René C6e- 
raye, de Nantes* Paris-N a lit es, 1858. p. 69. 

33 Ed, P, Vernière. Paris. 1960, lettre CXlJILp. 315. 

.34 Voir note 17: G, Barber, "A l’intérieur de la reliure: tes papiers mar¬ 
brés et autres feuilles de garde décoratlves au XVille siècle’’. Revue 
française d'histoire du livre, 3 982, p, 657-669. 

35 Paris. Claude Jomheri. 1716, J, p. J61; Paris, Scrv'ière, 1801. L p. 
144. 

,36 Etudié par G. Barber, art. cité. 


55 










37 Marbreiir de papier. X, Neudifitcl, 1765* p. 72-77; papier marbré. 
XI. /(/., p. ^î56-îj6I: pJ..4e lÈvraf^E) (5e vol.). Peins, 17fi7. 
pEirC. Uarlwr, rt/f. ciié. 

3^5 Piefiommre de i 'hithi^frie an Coihvtioti niîsaitnée des proeédés i tti/es 
dans fesscieneeseidans/esitris. Pariü^ LcieoTObe. I77b. III. p. 141. 

3y Sur N.D. DenïTiie, voir; ThoiriEiJi, auv. ctfe^ p- 252-255. 

4U Département des MEiniiseritiÿ, Archives CCCXXIV; Reliure 1792- 

im. 


56 
















Marbreurs exposants 
















Il 


* 1 » 
















































ATELIEK de RESTAURATtON DE LA lilRLIO- 
THEQUé NATIONALE, 

A l'ûccasioit de l'exposition, de jeunes restau l aieurs de la 
Bibliothèque nationale ont fait des essais de fahricatîon 
de papier marbré. 


MARIE-ANGE DOlZY. 

Née en 1937. Après des études littéraires (licence de let¬ 
tres), elle a suivi les cours d’Iiistoire de Tan à l'Ecole du 
Louvre, Afin de s’adonner à un métier manuel, qirelle 
apprend dans "L’Encyclopédie" Je Diderot et d'Alem- 
lirt "Les secrets de LArt de marbrer le papier"' et elle 
ouvre un atelier en 1976, aux environs de Paris, Elle utt* 
lise des peintures à Tliuile sur un bain de gomme adra- 
aante pour faire toutes sortes de "peignés". 

Depuis quelques années, elle s'intéresse à l'iiistoirc de la 
tnarbrure. et son livre Le papier marbré, écrit en collabo¬ 
ration avec Stéphane Ipert, a été publié en 1985 (Editions 
Technorama, Paris). 

Aujourd’hui, elle poursuit ses recherches sur le papier 
fjUàlamain, et elle s'intéresse à toutes les techniques de 
décoration du papier* 

FRANÇOISE COMACLE, 

Née à Paris, Après des études littéraires, elle a fait un 
apprentissage dans différents ateliers de reliure. En 1977 
elle commence ses recherches en bibliothèque sur les 
techniques de marbrure, et constitue une collection per¬ 
sonnelle de papiers marbrés. 

Elle utilise des couleurs à l'huîle pour faire ses papiers 
marbrés. Elle a participé à diverses expositions (Prix 
d'Honneurde la marbrure au AA AV, Vésinct, 1985). 

MARIE-ANNE HAMAIDE-BOUBOUNELLE 
Elle a découvert la marbrure par hasard en 1984. Après 
de nombre use s experte lices sur l'eau avec toutes sortes de 
produits et de couleurs, elle travaille maintenant surtout 
sur un bain de lichen de carragheen avec des encres gras¬ 
ses, Elle fait aussi des papiers inspirés des "Suminagashi” 
jttpünais qui sont faits sur l'eau pure avec deux couleurs 
plus ou moins dilluées. 


MARIANNE PETER. 

Elle a fait des éludes d’Arts graphiques à Saînt-Luc 
(Tournai, Belgique), ou elle a découvert le papier marbré 
comme support graphique, À la fin de ses études, clic a 
consacré un mémoire au papier marbré. 

Ensuite elle a approfondi le sujet par la recherche de 
documents anciens en bibliothèque. En 1984elle fait des 
essais de marbrure "à l'ancienne" avec des couleurs à 
I eau sur un bain de gomme adragante et de lichen de car- 
lagheen. Depuis 1985 elle a choisi de travailler sur un 
bain de gomme à base de cellulose avec des encres gras¬ 
ses. 

MARIE LEVEILLE NIZEROLLE, 

Née en 1930 a TJppsala (Suède). Française depuis son 
mariage en 1956, elle a fait des études de reliure à l'Ecole 
de l’Union Centrale des Arts Décoratifs à Paris de 1969 
jusqu'à 1973. Active comme marbreusc depuis 1977, Elle 
a appris cet art avec sa grand-mère et ensuite cheï Inge- 
borg Borjcssoîu Pour fabriquer ses papiers, elle utilise 
des encres grasses ou des peintures à Tliuile sur un bain de 
gomme à base de cellulose. 

Elle a participé à de nombreuses expositions en France et 
aux concours de relieur/marbreiir en Scandinavie (deu¬ 
xième prix pour ses papiers marbrés au Danemark en 
1979 et en Finlande en 1984). 

RAYMOND CfUlONNÜT 

Né en 1941. Etudes: Beaux-Arts de Reims, section archi¬ 
tecture, monuments historiques et peinture du nord. 
Ecole Boulle à Paris et à St.-Quentin, section décorateur 
d'intérieur et tapissier. Ecole Estîenne h Paris, section 
reliure et dorure traditionnelles, Beaux-Arts de Bourges. 
U à complète ses connaissances pratiques chez des arti¬ 
sans et au compagnonnage. 

Par suite d'invalidité il a été obligé d’aricter son métier de 
décorateur tapissier et s’est reconverti comme relieur- 
doreur, 

[| à participé a de nombreuses expositions (premier prix 
des Artisans Créateurs de l'Indre, Prix du Conseil Régio¬ 
nal du Centre 1986). 


59 










NICOLE HILLEN, 

Née en 1935, elle a fait ses études <i Paris. Depuis son 
mariage en 1957 avec un Néerlandais, elle habite aux 
Pays-Bas, 

Relieuse amateur depuis 1975. elle a éprouve le désir de 
faire ses propres pages de garde, ce qui ramène à Ea tech¬ 
nique du papier à la cuve. Après de nombreuses recher- 
dies en biliorhèque et un long travail à la cuve, elle a su 
maîtriser la technique du papier marbré. Ses papiers sont 
faits sur un bain de lichen de carràghecn avec des cou¬ 
leurs ii Teau. 

FLORENT ROUSSEAU. 

Né en 1962, il a fait à partir de 1982 des études de reliure 
il i’Ecole de TUnion Centrale des Arts Décor atifs à Paris. 
Pendant la même période il a suivi des stages de papier 
marbré au Ceiitro de bel Lihro h Aseona et chez Marie- 
Ange Doizy à Paris. Il s’intéresse a toutes les formes de 
papier décoré, surtout les applications modernes. Pour 
scs papiers marbrés, il utilise des encres grasses sur un 
bain de gomme adragante ou de cellulose, 

MARYNIA WAKS, 

Née en 1945, artiste peintre, depuis 1982 elle fait du 
papier marbré, auquel elle a été initiée par un stage chez 
Annick Pcraudcaii (Dominoterie de l’Astragale) ù Tou¬ 
louse. 

Pour faire scs papiers, elle travaille avec des couleurs ii 
i’eau et des encres grasses sur un bain de lichen de carrag- 
heen. 


61 ) 


DOMINOTERIE DE L’ASTRAGALE. 

Sous ce [lom Annick Peraudeau produit depuis 1974 du 
papier marbré, art qu'elle a appris au près de marhreurs 
des Etablissement Putois. 

Pour faire ses papiers, elle travaille avec des couleurs à 
l’eau sur un bain de gomme adragante, suivant des recet¬ 
tes traditionnelles. 

COLETTE FIACRF- 

Néc en 1936, elle est professeur de reliure et pratique Ea 
marbrure depuis 1982. Elle a appris la technique du 
papier marbré à rEcole des Arts Décoratifs de Stras¬ 
bourg. 

Elle lait ses papiers avec des peintures à l’huile sur un 
bain de gomme adragante, 

SÏMÜNEPROCOP 

Elle a fait des études de médecine. En 1970 elle suit un 
cours de reliure et est charmée par les papiers marbrés. 
Avec les conseils rudimentaires d’un ami peintre, elle 
commence à en fabriquer elle-même. Depuis elle u aban¬ 
don né sa profession de médecin pour se consacrer entiè¬ 
rement h Tiirt de la marbrure. Elle travaille avec des pein¬ 
tures à rii uile sur un bain de gomme adragante ou de cel¬ 
lulose. 







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